WWF-Canada Blogue:
Climat

Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Notre travail, de même que le vôtre, est subitement devenu beaucoup plus ardu… et plus important.

Aujourd’hui, le gouvernement fédéral a adopté le fameux projet de loi C-38. Inclus dans ce projet de loi budgétaire sont des changements importants apportés aux lois environnementales – comme la Loi sur l’évaluation environnementale, les espèces en péril, et Loi sur les pêches – qui laissent nos ressources naturelles vulnérables en raison de mécanismes de surveillance affaiblis et l’impossibilité pour le gouvernement de prendre des décisions éclairées.

Ironiquement et malheureusement, cette décision arrive à la veille de Rio +20, une conférence internationale axée sur le développement durable, à laquelle le Canada participe à contrecœur. Dans ce contexte, l’adoption du projet de loi C-38 souligne exacerbe encore la distance croissante entre l’attitude du Canada et d’autres face aux préoccupations environnementales. Alors que les dirigeants de pays émergents adoptent des approches progressives pour préparer leurs économies pour l’avenir et veiller à la gestion durable de leurs ressources, le gouvernement canadien, qui est fiduciaire d’une part enviable des ressources naturelles de la planète, a choisi de tourner le dos à l’environnement.

Les dommages causés tant à l’environnement qu’à la relation de confiance qui devrait exister entre les citoyens et leur gouvernement rendent notre mission encore plus pertinente, mais aussi plus difficile à accomplir. Cette loi représente un point de rupture. Au lieu de poursuivre la voie du développement durable, le gouvernement choisit de mettre en opposition l’idée d’une saine économie et la santé de nos écosystèmes, alors que nous savons bien que les deux sont indissociables.

La forêt pluviale du Grand Ours, Colombie-Britannique, Canada (c) WWF-Canada

Ce ne sont pas simplement notre approche et notre vision qui sont en jeu ici. C’est aussi notre travail quotidien qui est miné. Ce projet de loi aura pour conséquence de saper nos efforts pour la mise en place d’une stratégie énergétique nationale qui nous permettrait d’amorcer la nécessaire transition vers un futur alimenté par les énergies renouvelables. Il entrave aussi nos efforts pour obtenir la reconnaissance formelle des risques majeurs reliés au forage au large des côtes de l’Arctique en raison des lacunes actuelles dans la capacité de réagir promptement en cas de déversement.  Enfin, ce projet de loi fait également obstruction à tout le travail que nous désirons faire pour garantir la santé de nos rivières et océans et la pêche qu’ils soutiennent.

Toutefois, l’impact le plus immédiat et visible de ce projet de loi se fera sans doute sentir dans la région marine du Grand Ours en Colombie-Britannique, soit au sein de l’un des écosystèmes les plus productifs et les plus spectaculaires sur Terre. Le mécanisme affaibli d’évaluation environnementale mis de l’avant par ce projet de loi ouvre la voie à la construction de l’oléoduc pétrolier Northern Gateway, qui, en plus de traverser cette forêt pluviale tempérée unique au monde, attirera des centaines de pétroliers surdimensionnés qui navigueront désormais le long de la côte de Colombie-Britannique.

Enfin, C-38 aura des conséquences directes sur notre démocratie, car il permettra de réduire au silence les citoyens préoccupés par leur environnement qui souhaitent faire valoir leurs inquiétudes quant aux risques environnementaux, économiques et culturels associés à ce projet.

Et cela vous touche aussi. Parce qu’en rendant notre travail plus ardu, il rend le vôtre plus difficile aussi. Dorénavant, nous ne pouvons plus demeurer passifs et attendre que notre gouvernement réponde à nos besoins environnementaux, ou reconnaisse nos valeurs et nos préoccupations. L’aspect positif de cette loi, c’est qu’elle nous oblige à devenir des citoyens plus vigilants et engagés dans la défense de nos terres, de notre eau, de nos océans et de nos espaces uniques, comme la région marine du Grand Ours.

Il ya des centaines de façons de commencer à prendre les choses en mains. Aujourd’hui, je vous demande de poser un geste : devenez un citoyen pour le Grand Ours. Faites comme tant d’autres et les Premières nations côtières et prenez position sur cette question, parce que le monde observe de près ce que nous déciderons de faire dans cet endroit unique. Choisissez un avenir durable pour la région marine du Grand Ours, et, ce faisant, aidez à choisir un avenir différent pour le Canada. Un avenir qui reflète mieux ce que ce pays est vraiment.