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Protection du papillon monarque, ou comment faire de la conservation dans son jardin

La publication le mois dernier d’un article dans le Toronto Star et il y a quelques jours dans le Journal Métro sur les populations de papillons monarques en péril pour cause de réchauffement climatique a révélé l’intérêt de la population pour ce beau papillon. Nous avons reçu nombre d’appels, de courriels et de lettres de citoyens partout au pays, nous demandant comment aider et ce que nous pouvons faire, ici, pour participer à la sauvegarde du monarque.

Je me suis renseignée davantage auprès de Sherry Pettigrew, spécialiste en conservation environnementale, amatrice de monarque et épouse de Monte Hummel, président honoraire de WWF-Canada. Mme Pettigrew a créé – dans son propre jardin – un habitat pour papillons monarques où elle les élève, les identifie et les garde leur vie durant.

Les défis du monarque
Il n’est pas évident pour l’observateur qui voit les nuées de papillons monarques – on estime qu’il y en a près de 100 millions – se regrouper dans le sud du Canada pour entreprendre leur grande migration automnale, que l’espèce est menacée. Et pourtant. De fait, l’activité humaine pose une menace réelle pour le monarque, dans ses aires d’hibernation aussi bien que dans les lieux où il passe l’été.

Voici quelques-unes des menaces qui pèsent sur le monarque dans les territoires les plus au nord, au Canada et aux États-Unis :
• Taux de mortalité de 99 pour cent – le taux de survie du monarque dès la naissance est d’un pour cent. Les femelles peuvent pondre jusqu’à 400 œufs – et en général, elles pondront un œuf par plant d’asclépiade –, mais la plupart de ces œufs et des larves de premier âge (les futures chenilles) sont mangés par des perce-oreilles et des araignées, et parfois même par un congénère s’ils sont plus d’un par plant, ce qui arrive à l’occasion.
• Destruction totale de l’habitat – la construction de routes et autres infrastructures transforme les territoires naturels, voire les détruit au point d’empêcher la survie des monarques.
• Destruction indirecte de l’habitat – l’asclépiade est en perte de vitesse. Or les monarques ne pondent leurs œufs que sur cette plante, qui est la source exclusive de nourriture des larves. De nombreuses municipalités jugent l’asclépiade nuisible et la détruisent au moyen d’insecticides et autres produits chimiques qui tuent les monarques – et d’ailleurs la plupart des insectes – de l’œuf au papillon, en passant par la larve et la chenille.

Dans leur aire d’hibernation – la Californie pour les populations occidentales et le Mexique pour les orientales –, la situation n’est guère plus reluisante.

La popularité croissante de la côte californienne – habitat idéal pour le monarque – pousse à la construction d’immeubles, à l’abattage d’arbres et à l’exploitation des terres. Or on ne connaît que de 11 à 14 sites où les monarques de l’est se retrouvent pour hiberner au Mexique. Chacun de ces sites couvre quelques hectares et abrite des millions de papillons. C’est cette concentration même d’individus dans quelques sites de petite taille qui fait de la destruction potentielle de l’habitat du monarque au Mexique une cruelle réalité.

La conservation chez soi
Selon Sherry Pettigrew, chacun d’entre nous peut faire sa part pour aider le papillon monarque. Facilement, ici même, tout de suite.
• Éviter les produits toxiques – herbicides, pesticides, insecticides sont à proscrire à la maison et partout sur le terrain.

(C) Sherry Pettigrew, WWF-Canada

Les gens plus intéressés ou plus investis dans le processus auront plaisir à créer un jardin à papillons à la maison, où ils pourront les observer et leur fournir un lieu pour se nourrir. Nul besoin de grands espaces pour attirer les papillons, une petite partie de votre cour suffira. Voici quelques suggestions de notre spécialiste :
• Un peu d’observation et de recherche – l’objectif est de trouver le coin et les plantes que fréquentent les papillons pour leur réserver cet espace où ils trouveront ce dont ils ont besoin.
• À la recherche de l’asclépiade – c’est LA plante dont a besoin le papillon monarque, et si votre terrain est propice à cette plante – il y a de fortes chances que vous trouviez de l’asclépiade commune, incarnate ou tubéreuse chez vous – il ne vous reste qu’à la laisser pousser.
• Informez-vous au www.monarchwatch.org – vous trouverez sur ce site quantité de renseignements sur le papillon monarque et sur l’aménagement d’un jardin à papillons.
Les enfants y trouveront toute l’information nécessaire pour réaliser un projet ou une recherche. Vous pourriez même faire de votre coin de jardin une escale pour monarques en plantant des Asclepias.

Et si l’idée de créer une aire réservée aux monarques dans votre cour ou votre jardin vous branche réellement, pourquoi ne pas suivre les atelier offert sur www.monarchteacher.ca ou à l’Insectarium de Montréal avec l’Odyssée des Monarques du programme Monarques sans frontière? Voilà une excellente manière d’en apprendre davantage sur le papillon et sur les soins que l’on peut lui prodiguer. Vous verrez, le monarque, c’est bien plus qu’un simple papillon!

(C) Sherry Pettigrew, WWF-Canada