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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


VÉ et recherche, ça va dans le bon sens!

Voici encore un article de journal qui non content de déclarer que le véhicule électrique n’a aucun avenir, fait en plus des affirmations fausses au sujet des avantages environnementaux des VÉ, leur viabilité au quotidien, et la pertinence d’offrir des incitatifs aux consommateurs. Remettons donc les pendules à l’heure en faisant un petit survol de rapports et documents intéressants, et fiables, dont les conclusions sont bien différentes. 

Au sujet du potentiel environnemental des véhicules électriques – Cette semaine, justement, le département de l’énergie des États-Unis, entre autres, a publié un document très exhaustif (quelque 390 pages) sur les divers moyens de réduire la consommation de carburant et partant, les gaz à effet de serre. Le document intitulé  Transitioning to Alternative Vehicles and Fuels affirme que les véhicules électriques joueront un rôle prépondérant dans la réalisation des objectifs de réduction des émissions de GES essentiels pour éviter les effets des bouleversements climatiques.

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(c) Hydro-Québec

Il ne suffira pas pour combattre le réchauffement climatique de rendre les véhicules plus efficaces ou de se convertir au gaz naturel et, malgré l’intérêt de ces approches, nous devons nous tourner résolument vers de nouvelles avenues, notamment celle du véhicule électrique.

Le WWF-Canada a dressé une comparaison des carburants de rechange sur la base des données canadiennes sur le cycle de vie des émissions de GES – c’est-à-dire que l’on calcule les émissions issues de la production d’électricité, de la fabrication et de l’utilisation du véhicule – et son  analyse a démontré que les véhicules électriques produisent beaucoup moins d’émissions que les véhicules à essence traditionnels, et sont plus efficaces que les véhicules hybrides, au diésel ou au gaz naturel.

L’analyse révèle également que l’ampleur des bienfaits environnementaux de la voiture électrique est fonction de la source de l’électricité qui l’alimente. Autrement dit, un VÉ roulant en Colombie-Britannique – où l’hydroélectricité domine – procure davantage de bienfaits environnementaux que le VÉ roulant en Alberta où l’électricité est produite essentiellement dans des centrales au charbon. Cette constatation constitue donc non pas un argument contre les VÉ, mais bien un argument en faveur d’un recours accru aux énergies renouvelables et de l’abandon progressif du charbon – ce que nous savons déjà devoir faire, et pas seulement pour contrer les changements climatiques, mais également pour notre santé et l’amélioration de la qualité de l’air que nous respirons tous.

Au sujet de la viabilité du véhicule électrique – De plus en plus d’automobilistes adoptent et adorent le véhicule électrique. Vous n’êtes pas obligés de nous croire sur parole, mais allez voir notre rubrique  La vie en VÉ qui présente des témoignages de propriétaires et conducteurs de VÉ.

Enfin, au sujet des subventions au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, qui seront soi-disant données à des gens fortunés qui n’en ont pas besoin – Dans un rapport récent, le  Fonds monétaire international (FMI) affirme que les subventions versées au secteur de l’énergie dans le monde – pétrole, charbon et gaz naturel essentiellement – se sont élevées à pas moins de 480 milliards de dollars pendant la seule année 2011. Ces subventions soutiennent une surconsommation énergétique et finissent par favoriser « les ménages à revenu plus élevé, creusant ainsi le fossé des inégalités ». Toujours selon ce rapport, l’élimination des subventions accordées aux énergies fossiles pourrait entraîner un recul de 13 pour cent des émissions de CO2.

Alors, quel est le meilleur investissement? De petites subventions dans le domaine de nouvelles technologies propres qui nous propulseront vers le monde que nous savons devoir chercher à bâtir, ou de grosses subventions aux grandes industries traditionnelles et très rentables qui nous mèneront droit vers un avenir que nous savons être insoutenable pour la planète?

Personnellement, je vote pour le VÉ.


  • René

    Il me semble que l’usage massif de piles ou batteries composées de metaux rares est contre-intuitif du fait de leur cycle de vie. Le moteur a air comprimé, tel que celui breveté par Guy Nègre, pourrait en revanche faire un meilleur usage de l’électricité, qui ne servirait qu’à comprimer l’air sans nécéssiter d’accumulateurs. Une autonomie suffisante pour la majorité des déplaçements (+/- 120 km) et 3 arrêts de 5 minutes pour Montréal-Québec… Sans compter sur le compresseur intégré qui se branche partout. Pour rouler à l’air, je prend le 15 minutes de plus n’importe-quand.
    http://www.aci-multimedia.net/bio/voiture_air_comprime.htm

  • André

    Malheureusement, le moteur à air comprimé n’est pas efficace sur le plan énergétique: on prend plus d’énergie (électricité) pour comprimer l’air que l’énergie disponible par la suite dans le réservoir pour actionner le véhicule.

    Pourquoi? Parce que lors de la compression de l’air, celui-ci se réchauffe et cette chaleur est dissipée dans l’air: c’est de l’énergie perdue.

    Aussi bien prendre l’électricité directement pour actionner les roues, le rendement est meilleur.