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Un gardien de la faune népalais vise une autre année de braconnage zéro

Publié par WWF-International

À ce jour, Rupak Maharjan ne peut pas dire comment c’est arrivé. Il était avec son équipe sur la piste de braconniers qui, selon les indications reçues, étaient en possession de peaux et d’os de tigres lorsque soudainement, ils se sont retrouvés encerclés par 300 villageois armés et de bien mauvaise humeur. La foule était déterminée à protéger les braconniers habitant sur leur territoire. C’est ainsi que sans avertissement, Maharjan et son équipe de gardiens non armés se sont trouvés face aux canons des fusils d’une population prête à en découdre.

Rupak Maharjan avec deux rhinocérons

Rupak Maharjan, gardien au parc national népalais de Chitwan, n’oubliera jamais cette journée qui a failli lui coûter la vie il y a quatre ans. Heureusement, il a réussi à rejoindre son chef, qui a envoyé la police au secours de ses hommes et lui-même.

« La situation était tellement tendue que les policiers ont dû faire semblant de nous arrêter, nous, en nous traitant de voleurs », raconte-t-il.

Bien qu’il ait failli perdre la vie ce jour-là, l’aventure n’a pas refroidi son enthousiasme. Au contraire, dit-il, l’incident l’a poussé à en faire davantage pour protéger les espèces menacées.

« J’ai toujours aimé la nature et la faune, même tout petit. C’est une véritable passion chez moi, et je ne voudrais pas d’autre travail que le mien. » — Rupak Maharjan, gardien de la faune

Sur le terrain

Rupak Maharjan a toujours combattu le crime contre la nature sauvage. Aujourd’hui, il organise des rondes de surveillance antibraconnage et met à profit tous les renseignements que lui acheminent les membres de son vaste réseau d’informateurs locaux. Lorsque la présence d’une menace réelle est établie, il organise et supervise les opérations pour mettre la main au collet des braconniers.

« Lorsque nous sommes en patrouille et recevons une information déterminante au sujet d’un braconnier ou que nous découvrons des activités louches, nous commençons par vérifier l’information, puis nous menons nos opérations le soir venu », explique-t-il.

Braconnage zéro

En 2011, pour la première fois depuis 29 ans, on n’a enregistré au Népal aucun rhinocéros ou tigre tué destiné au marché noir. Cette année de braconnage zéro est largement attribuable au travail incessant de Rupak Maharjan et de son équipe, et bien que cet exploit ne se soit pas répété, le Népal a néanmoins annoncé récemment une augmentation de 63 pour cent de sa population de tigres.

Rupak Maharjan attribue cette réussite à trois facteurs :

  • La détermination accrue des gardiens de la faune à mettre un frein aux crimes contre la faune
  • Davantage de programmes de sensibilisation des collectivités
  • Une meilleure coordination des efforts entre les divers organismes concernés

« Nous savons qu’il est possible de freiner le braconnage en travaillant en collaboration avec les parties prenantes et les organismes locaux », déclare Rupak Maharjan.

Pour en finir avec les crimes contre la faune

En janvier 2012, le projet Tigers Alive du WWF International a octroyé à Rupak Maharjan et à son équipe, ainsi qu’à cinq autres institutions népalaises, le prix Enforcement Award pour la qualité de son travail de renseignements sur le terrain, et a souligné l’efficacité des sites de renseignements participant à l’effort de conservation des tigres.

Outre ce prix, le WWF continue de fournir du soutien au parc national de Chitwan ainsi qu’à d’autres zones protégées au Népal, afin de mettre un terme au commerce illégal des tigres, en développant des réseaux d’informateurs et en mettant à contribution les forces de l’ordre locales.

Grâce à la bourse Russell E. Train EFN Fellowship que lui a donnée le WWF, Rupak Maharjan poursuit maintenant des études de maîtrise en sciences de l’environnement au Népal. Il est reconnaissant au WWF pour son appui et pour la possibilité qui lui est donnée de contribuer à la préservation de la faune de son pays.

« Nous ne ménageons aucun effort pour arriver à inscrire une autre année de braconnage zéro à notre palmarès », conclut-il en souriant.