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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Les producteurs de saumon d’élevage engagent une démarche encourageante

Écrit par Chris Chaplin, WWF-Canada

Chapeautés par l’organisme Global Salmon Initiative (GSI), les 15 plus grands producteurs de saumon d’élevage dans le monde ont déclaré cette semaine leur engagement envers la durabilité et leur volonté de faire certifier la totalité de leurs activités d’ici 2020.

Voilà toute une nouvelle pour le monde de l’aquaculture responsable, car à la suite de cet engagement, c’est pas moins de 70 % de la production mondiale de saumon qui devra se conformer aux normes de l’organisme indépendant Aquaculture Stewardship Council (ASC). La démarche d’accréditation sera entreprise surtout par des fermes d’aquaculture d’Écosse, de Norvège, du Chili, et bien sûr du Canada.

En quoi cet engagement à obtenir l’accréditation de l’ASC est-il si important? Eh bien, c’est que l’aquaculture est le système de production alimentaire qui connaît actuellement la plus forte croissance sur la planète. Il y a cinq ans environ, la culture de poissons et crustacés est devenue la première source d’approvisionnement en produits de la mer, dépassant les produits capturés. Et il y a deux ans, elle a dépassé, en volume, la production de bœuf à l’échelle mondiale.

Or, cette croissance rapide ne s’est pas faite sans heurts pour l’environnement, et pour répondre à la demande alimentaire d’une population mondiale en croissance tout en maintenant la vitalité des écosystèmes océaniques et d’eau douce, il est essentiel – et urgent – que les producteurs de produits de la mer d’élevage prennent les mesures qui s’imposent pour réduire les impacts néfastes de cette pratique.

Personne n’est mieux placé pour comprendre cette problématique que Jason Clay, président du programme mondial du WWF pour une transformation du marché, qui a fait la déclaration suivante au sujet du formidable engagement qui vient d’être annoncé : « À mesure qu’augmentera la demande de produits de la mer d’élevage à travers une planète aux ressources de plus en plus limitées, les systèmes de production n’auront d’autre choix que de devenir plus efficaces, et de faire plus avec moins. »

En janvier 2013, on a commencé à voir du tilapia arborant le logo de l’ASC  dans les magasins de la chaîne Loblaw un peu partout au Canada, conformément à l’engagement de la compagnie à s’approvisionner en produits de la mer auprès de sources responsables.

Outre Loblaw, le Fonds mondial pour la nature compte d’autres partenaires dans le monde avec lesquels l’organisme travaille à l’élaboration de normes pour une aquaculture durable visant 12 espèces marines cultivées, notamment le tilapia, le saumon de l’Atlantique et la crevette.

Il y a bien sûr encore énormément à faire avant que les 15 entreprises qui ont annoncé leur engagement à produire de manière durable réalisent leur ambitieux objectif d’une accréditation globale par l’ASC. Le fonds mondial pour la nature les appuiera dans leur démarche, et collaborera pour ce faire avec des scientifiques afin de conseiller les entreprises au fur et à mesure des progrès réalisés et de mettre sur pied une plateforme de partage des techniques et des pratiques exemplaires à suivre.

Saumons sockeye, Colombie-BritanniqueSaumon rouge (Oncorhynchus nerka); adultes remontant la rivière Adams pour aller frayer. C.-B. Canada, ©Michel Roggo / WWF-Canon

Bien que l’engagement annoncé cette semaine marque une étape importante pour l’amélioration des pratiques d’aquaculture à l’échelle mondiale, cette activité est une menace aux écosystèmes marins parmi bien d’autres auxquelles une solution s’impose. Au Canada et ailleurs dans le monde, le Fonds mondial pour la nature travaille à réduire l’impact de l’activité humaine dans toute une série de domaines – surpêche, réchauffement climatique et pollution marine, entre autres – afin d’assurer un avenir durable à nos océans.

Pour en savoir plus sur l’Aquaculture Stewardship Council, allez voir cette vidéo.