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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


La Marche pour le climat : appel à une action immédiate

La grande Marche mondiale pour le climat se tiendra ce dimanche 21 septembre dans de nombreuses capitales et villes du monde et du Canada. Pour ma part, j’irai me joindre aux centaines de milliers de marcheurs, citoyens ordinaires et représentants de plus de mille organisations, qui sont attendus à New York ce jour-là pour manifester leur appui à la lutte aux changements climatiques.

À titre de président d’un organisme voué à l’avenir de la nature et des gens qui en dépendent, j’estime essentiel de nous affirmer collectivement pour une action immédiate en regard des changements climatiques. Ils constituent aujourd’hui la pire menace, engendrée par les humains, qui pèse sur la nature et la Terre tout entière. À cause des changements climatiques, les océans se réchauffent, transformant des habitats vitaux et touchant d’innombrables espèces migratrices comme le thon et les cétacés. À cause des changements climatiques, la fonte de la banquise s’avère la plus grande menace à la survie des ours polaires et autres espèces qui dépendent de la glace. À cause des changements climatiques, la Grande barrière de corail est menacée par l’acidification des océans.

La banquise groenlandaise est la plus grande du monde, à l'exception de celle de l'Antarctique. Les températures ont augmenté de 9ºF au Groenland depuis 60 ans, en raison du changement climatique provoqué par l'activité humaine. Cela provoque la fonte de la banquise à un rythme sans précédent, ce qui est très inquiétant considérant que cette banquise est composée de suffisamment d'eau pour provoquer une hausse du niveau des mers d'une ampleur de 9 mètres. © Global Warming Images / WWF-Canon

La banquise groenlandaise est la plus grande du monde, à l’exception de celle de l’Antarctique. Les températures ont augmenté de 9ºF au Groenland depuis 60 ans, en raison du changement climatique causé par l’activité humaine. Cela provoque la fonte de la banquise à un rythme sans précédent, ce qui est très inquiétant considérant que cette banquise est composée de suffisamment d’eau pour provoquer une hausse du niveau des mers d’une ampleur de 9 mètres. © Global Warming Images / WWF-Canon

Hélas, les gouvernements de la planète ont été jusqu’ici incapables de s’entendre sur une stratégie efficace, face aux changements climatiques, pour en atténuer l’impact sur la nature et l’humanité. Certains gouvernements – y compris celui du Canada – ont même reculé à ce chapitre. Le gouvernement canadien s’est retiré des accords de Kyoto en 2012, triste mais claire démonstration de notre manque d’engagement en la matière. Voilà pourquoi, de New York à Paris, en passant par Montréal, Toronto et Vancouver, nous devons être nombreux à lancer un message aussi clair que retentissant à nos gouvernements. Et ce message, c’est: il faut passer à l’action immédiatement!

Ce que je trouve le plus frustrant, c’est que nous savons quoi faire, mais que nous ne le faisons pas. Nous savons qu’il nous faut une stratégie pour transformer notre économie et créer de nouveaux emplois en adoptant massivement les énergies vertes, comme d’autres pays l’on fait, entre autres l’Allemagne qui a beaucoup progressé dans cette direction. Même la Chine, pourtant maintes fois critiquée pour sa dépendance aux centrales au charbon, a considérablement augmenté ses investissements dans les énergies renouvelables.

Voiture hybride et éolienne sous un ciel bleu © Istockphoto.com / WWF-Canada

Voiture hybride et éolienne sous un ciel bleu © Istockphoto.com / WWF-Canada

En plus de stimuler la croissance des énergies vertes, nous devons imposer un tarif aux émissions de carbone. Cette pollution – qui n’est actuellement soumise à aucune tarification fédérale – a un énorme impact sur chacun de nous. Pensons aux coûts des dégâts provoqués par des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes et imprévisibles, comme les tempêtes qui ont paralysé Calgary et Toronto l’année dernière. Sans tarification du carbone, il n’existe aucune mesure incitative efficace pour obliger les plus gros émetteurs à faire le ménage.

Les chefs de file, en matière de changements climatiques, sont les administrations municipales un peu partout dans le monde. Les études menées pour le compte de C40 cities (site en anglais) démontrent que la plupart des émissions de gaz à effet de serre (GES) sont attribuables aux villes et aux activités nécessaires à leur fonctionnement, en particulier la production d’électricité, les transports et le chauffage ou la climatisation des immeubles. Plusieurs villes canadiennes – dont

Quelques provinces ont aussi entrepris des mesures prometteuses. Qu’il s’agisse de la taxe sur le carbone en Colombie-Britannique, de la bourse québécoise du carbone associée à celle de la Californie, de la Loi sur l’énergie verte de l’Ontario ou de l’engagement du Québec à développer les infrastructures pour les véhicules électriques, on peut dire que la boule de neige continue de grossir. Les premiers ministres provinciaux se sont même entendus récemment pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie nationale de l’énergie.

Voilà autant de gestes qui ouvrent la voie à des actions énergiques de nos gouvernements nationaux – au Canada et partout ailleurs dans le monde – et ce, dès maintenant. Pour les y encourager, il faut nous faire entendre haut et fort, lancer d’une même voix un puissant appel à l’action, et c’est ce que fera cette Marche pour le climat de dimanche.

Nous devons faire pression sur nos gouvernements pour qu’ils s’engagent fermement, sur une grande échelle, et nous devons aussi les garder à l’œil pour qu’ils respectent leurs promesses.

Si nous avons la nature à cœur et si nous croyons que l’humanité y a sa place, nous devons résoudre ces problèmes. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons le faire, les solutions existent, aujourd’hui même. Nous avons simplement besoin de dirigeants qui y croient et qui sont prêts à les mettre en œuvre. Voilà pourquoi je serai à New York dimanche, avec des centaines de milliers de citoyens de la Terre, pour participer à cette Marche pour le climat. Je vous invite à faire comme moi dans votre ville ou région, partout où se tiendra une Marche pour le climat, afin que nous soyons des millions, autour du monde, à manifester en faveur de la lutte aux changements climatiques.

Notre message est clair et simple : le temps des palabres est terminé, passons maintenant à l’action.

Pour faire un vrai changement, nous avons besoin de tout le monde, alors joignez-vous à la Marche pour le climat de votre localité afin de protéger notre avenir à tous.

Dites-nous où et pourquoi vous irez marcher ce dimanche, et partagez vos photos avec nous sur Twitter via le mot-clic #MarcheClimat