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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Pape François: Agir contre le changement climatique est un impératif moral

En septembre dernier, j’ai joint un événement historique dans les rues de New York, alors que 400 000 personnes ont marché pour réclamer des gestes forts dans le dossier des changements climatiques. Cet appel à l’action était simple : pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde.

Le 18 juin, le pape François s’est adressé au 1,3 milliard de catholiques du monde – et à toutes les personnes de bonne volonté – avec la première encyclique de l’histoire ayant pour thème la lutte aux changements climatiques.

Ce geste revêt une grande importance, non seulement à cause de l’influence que possède le souverain Pontife, mais aussi grâce à la puissance de ses arguments. Le pape nous rappelle que les êtres humains ont un devoir d’intendance de la planète, et que nous devons par ailleurs exercer ce devoir d’une manière qui est socialement juste et équitable.

Par cette lorgnette, on comprend que les changements climatiques ne constituent pas qu’un enjeu économique ou technique – comment peut-on consommer moins de combustibles fossiles et comment peut-on payer cette transition – il s’agit également d’une question morale.

Si nous voulons devenir une société plus juste, nous devons réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Alors que le niveau des mers s’élève et que nous constatons des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles – avec des vagues de chaleur et des sécheresses plus longues par exemple –, il est évident que ce sont les pays en développement qui subissent en premier les effets des changements climatiques. L’Afrique subsaharienne est et sera l’une des régions du monde les plus durement frappées, alors que la hausse des températures affectera la disponibilité des ressources en eau et donc les récoltes. Ces impacts auront des effets dévastateurs sur les communautés locales.

L’intervention du pape est fort opportune.

Le glacier Bow, source de la rivière Bow au-dessus du lac Bow dans le parc national de Banff, Alberta, Canada. © Patricia Buckley / WWF-Canada

Le glacier Bow, source de la rivière Bow au-dessus du lac Bow dans le parc national de Banff, Alberta, Canada. © Patricia Buckley / WWF-Canada

Le monde change, et il change rapidement. Au cours de la dernière année, de grands pas ont été faits dans le dossier de la lutte aux changements climatiques. Nous avons battu des records dans la vague mondiale du virage vers les énergies propres et renouvelables.

Comme l’a affirmé ma collègue, la présidente et chef de la direction du WWF-Norvège, Nina Jensen : « Il ne s’agit pas tant de ce que nous devons cesser de faire que ce que nous pouvons commencer à faire. Et pas seulement parce que nous voulons créer un monde meilleur, mais parce la science nous dit que les limites de notre planète l’exigent. »

Au WWF-Canada, nous travaillons à l’atteinte de cet objectif en faisant la démonstration de ce qui est possible, par exemple par la création de sources énergétiques renouvelables et respectueuses des habitats. Notre but est de démontrer ce qui est possible, en appuyant la transition de trois communautés arctiques du diésel vers une forme d’énergie plus propre d’ici cinq ans, tout en s’assurant que cette transition leur permette aussi de renforcer leur économie. Autre exemple : nous travaillerons dans la baie de Fundy pour faire en sorte que l’énergie marémotrice dans cette région puisse aussi être bénéfique pour la nature.

Cet automne, à Paris, les pays du monde se réuniront – encore – pour tenter d’en arriver à une entente dans le cadre de la COP21. Il y a six ans, j’étais à Copenhague lorsque les gouvernements ont échoué à s’entendre pour agir à cause de quelques pays – dont le Canada – qui ont bloqué les négociations. Plusieurs d’entre nous ont perdu leur optimisme à ce moment, et cela a pris six ans pour revenir au point où les États ont une autre chance d’agir.

Entre temps, nous avons eu quelques motifs pour retrouver espoir. Des gestes posés par des entreprises, des organismes non gouvernementaux, des villes, des provinces et quelques pays ont montré qu’il est possible de réduire notre empreinte carbone d’une manière qui développe l’économie et qui aide les gens.

Dans ce contexte, l’encyclique du pape est importante puisqu’elle souligne le caractère moral de ces questions, notre obligation éthique d’agir pour réduire les effets des changements climatiques, notre obligation envers la planète et ses habitants. Et elle le fait à un moment critique.

Ce message est essentiel, et il l’est d’autant plus aujourd’hui.

Le pape a donné une incroyable impulsion au mouvement mondial visant à répondre au défi du changement climatique, maintenant.

Quand j’ai marché aux côtés de 400 000 autres personnes dans les rues de New York en septembre, j’ai senti que le changement commençait. J’ai senti que, collectivement, nous avions relevé la barre un peu plus haut. Cette encyclique la relève encore un peu. Il nous appartient maintenant, à nous tous, de continuer à relever la barre et à démontrer les possibles.

C’est bien vrai : pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde.