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Les Water Brothers font la différence au Grand nettoyage des rivages canadiens

par Alex Mifflin, membre des Water Brothers et ambassadeur de l’eau du WWF-Canada

Tous les mois de septembre, mon frère Tyler et moi-même participons au Grand nettoyage des rivages canadiens. Au fil des années, le Grand nettoyage est devenu un rituel important à nos yeux. Nous sommes heureux de faire partie d’un groupe de Canadiens engagés qui, d’un océan à l’autre, s’impliquent pour une si belle cause.

Passer une heure ou deux à ramasser des déchets n’est peut-être pas votre conception de la meilleure façon de commencer le week-end. Mais, en réalité, les nettoyages de rivages sont très agréables! D’une part, c’est une occasion de rencontrer des gens qui, comme vous, sont préoccupés par la pollution de nos cours d’eau. De plus, vous avez aussi la chance de faire une différence concrète en faisant en sorte que les déchets qui jonchent nos berges n’aboutissent pas dans nos rivières, nos lacs ou nos océans.

© The Water Brothers

© The Water Brothers

Il y a quelques mois, nous avons participé à un nettoyage des rivages au parc Tommy Thompson, à Toronto. Nous y avons exploré des secteurs de la berge que nous n’avions jamais vus auparavant. Malheureusement, même dans les coins peu fréquentés, les déchets s’accumulent le long des rivages, en particulier du plastique. Cela nous a étonnés et secoués.

Plusieurs d’entre nous ont entendu parler de phénomènes tels que le « Vortex de déchets du Pacifique Nord », mais en réalité notre problème de pollution dépasse celui de ce « continent de plastique ». Des scientifiques estiment qu’en moyenne, 18 000 morceaux de plastique flottent dans chaque kilomètre carré de nos océans, pas seulement dans les secteurs plus densément pollués et qui retiennent l’attention.

Malheureusement, une fois que le plastique entre dans l’océan, il ne se biodégrade pas. Plutôt, les vagues et les rayons du soleil morcellent ce plastique en fragments toujours plus petits, jusqu’à ce qu’ils puissent être avalés par à peu près n’importe quelle espèce marine, du minuscule zooplancton à la gigantesque baleine. Les déchets de plastique causent ainsi des ennuis pour 660 espèces marines différentes. Une étude récente a estimé que jusqu’à 90 % des oiseaux de mer aujourd’hui ont ingéré du plastique. À ce rythme, les chercheurs croient que 99 % de ces oiseaux auront du plastique à l’intérieur de leur organisme d’ici 2050, comparativement à 5 % en 1960. Tout ceci est très inquiétant.

Alex (à gauche) et Tyler (à droite) ramassent une bouteille et un couvercle de plastique lors d'un nettoyage. © The Water Brothers

Alex (à gauche) et Tyler (à droite) ramassent une bouteille et un couvercle de plastique lors d’un nettoyage. © The Water Brothers

Lorsque le plastique se morcelle ainsi, il ne fait pas que ressembler à de la nourriture que les espèces marines s’empressent d’avaler. Il devient aussi extrêmement difficile à ramasser. Voilà pourquoi il est essentiel que nous empêchions, en premier lieu, ces déchets d’aboutir dans nos cours d’eau.

Pour réellement régler ce problème, nous devons réduire la quantité de plastique que nous produisons, consommons et jetons sans cesse. Nous devons attaquer le problème à la source, en consommant moins d’objets en plastique à usage unique (emballages, couverts, ustensiles, etc.) et en exigeant des producteurs et des détaillants qu’ils agissent de manière plus responsable par rapport aux déchets qu’ils produisent. Ces changements prendront du temps. Dans notre société de consommation effrénée, les déchets plastiques sont partout et des milliards de personnes, habitant 192 pays côtiers différents, contribuent au problème. Une étude récente affirme que plus de 4,8 tonnes métriques de déchets plastiques – et peut-être même jusqu’à 12,7 tonnes – sont déversés dans les océans chaque année.

Ces statistiques peuvent sembler démoralisantes, et nous laisser croire que de prendre une matinée pour ramasser quelques pailles, quelques ustensiles et quelques emballages de plastique ne fera aucune différence. Mais n’oublions pas les dommages qu’un seul de ces objets peut causer aux espèces qui dépendent de cours d’eau propres et sains.

Morceaux de plastique ramassés sur les berges du lac Ontario. © The Water Brothers

Morceaux de plastique ramassés sur les berges du lac Ontario. © The Water Brothers

À chaque fois que nous ramassons un déchet en plastique sur un rivage, nous empêchons un oiseau, une tortue ou un poisson d’avaler ce plastique ou de s’y coincer, ce qui aurait pu occasionner la mort de cet animal. Bien entendu, les solutions durables à notre problème de plastique prendront du temps à se déployer et à avoir un impact. Mais cela ne devrait pas nous empêcher de poser quelques gestes simples dès maintenant.

Une autre partie de la solution, c’est de réduire votre propre consommation d’objets en plastique jetables, à la maison, à l’école ou au travail. Vous pouvez aussi offrir un peu de votre temps et rejoindre – ou mettre sur pied! – un événement du Grand nettoyage des rivages canadiens près de chez vous, le 19 septembre prochain. On vous promet que vous aurez beaucoup de plaisir, et que vous vous sentirez bien de vous être impliqués! Nous espérons que vous vous joindrez à nous.

Pour en apprendre davantage, jetez un œil à l’expédition des Water Brothers dans le vortex de déchets du Pacifique Nord dans le cadre d’un épisode de leur série, intitulé Plastic Ocean :