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À la découverte du fascinant bassin versant du Bas-Mackenzie

Chaque mercredi soir à 20 h, regardez le WWF Water Wednesdays sur la chaîne de télévision anglophone Love Nature pour en apprendre plus sur les enjeux de conservation liés à l’eau à travers le monde.

Par Jennifer Huizen 

Peu de gens auront la chance de voir l’exceptionnel bassin versant du Bas-Mackenzie dans leur vie, probablement dû à sa situation géographique ou encore à la température de cette région. Pourtant, c’est l’un des plus grands systèmes d’eau douce au pays : il alimente à lui seul 13 % de la masse continentale du Canada dans l’océan Arctique!

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Vue à vol d’oiseau du fleuve Mackenzie, alors qu’il se jette dans la mer de Beaufort. © Max Lindenthaler / Shutterstock

Un parcours épique

Formé des eaux de ruissellement du Grand lac des Esclaves de l’Ouest canadien, le fleuve Mackenzie parcourt 4 241 km avant de se jeter dans la mer de Beaufort. Son bassin versant, zone continentale qui absorbe les précipitations qui se retrouveront par la suite dans le fleuve, traverse six provinces et territoires, soit le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan, couvrant au total 1,3 million de km2. Son artère principale, le fleuve Mackenzie, joue un rôle prépondérant dans la régulation des systèmes de circulation et des systèmes climatiques, contribuant à environ 11 % de son apport en eau douce.

« Deh Cho », ou « grande rivière » pour la Nation Déné, le fleuve Mackenzie est effectivement large, profond et très long. Il est aussi surnommé le Cold Amazon. Il fait entre un à trois kilomètres en largeur sur presque tout son parcours qui est parfois parsemé d’îles intérieures. Mais la différence avec l’authentique Amazone, c’est définitivement la température, car il fait réellement froid dans le Bas-Mackenzie!

Une large portion du fleuve est couverte de glace une grande partie de l’année. Le fleuve Mackenzie ne commence à s’ouvrir qu’à la mi-mai, alors que le Grand lac des Esclaves est souvent couvert jusqu’à la mi-juin. Son système hydrographique comprend aussi quelques parcours tortueux et offre des paysages glacés parmi les plus accidentés au monde, traversant le cercle polaire arctique et coulant à travers le Bouclier canadien.

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Vue aérienne du fleuve Mackenzie, Territoires du Nord-Ouest, Canada. © Monte HUMMEL / WWF-Canada

Des eaux sauvages

Les Premières Nations habitent les régions du fleuve depuis des milliers d’années, mais c’est le commerce de la fourrure et du bois au 19e siècle qui a considérablement fait augmenter la population. Les populations de rat musqué, de martre, de castor, de lynx et de renard ont toutes été chassées de façon extensive durant les années du commerce de fourrure. Les populations d’aujourd’hui demeurent tout de même en bonne santé.

Un habitat pour de nombreux animaux

Le bassin versant du Bas-Mackenzie constitue une vaste étendue de zones humides et de terres boisées qui abrite plusieurs espèces emblématiques. Le caribou est un élément important de la chaîne alimentaire de ce bassin versant. Aussi, plus de 5 000 bélugas se promènent dans le delta du Mackenzie durant la saison de mise-bas.

Quelque 26 oiseaux migrateurs et plusieurs espèces côtières dépendent du bassin versant, dont la grue du Canada, le grand héron, l’oie, le cygne siffleur, le balbuzard ainsi que plusieurs espèces de canards. Plusieurs poissons considèrent aussi les eaux du bassin comme leur habitat principal, tel que le saumon quinnat, la truite arc-en-ciel, la truite de mer et la truite fardée, l’omble à tête plate, le ménomini des montagnes et l’épinoche à trois épines.

Une bonne santé

L’éloignement du bassin versant du Bas-Mackenzie l’a épargné des impacts communément observés dans les bassins versants où une forte population humaine se concentre. Selon les Rapports des bassins versants du WWF, il n’y a que deux parties du fleuve qui sont considérées comme fortement polluées : le sous-bassin du Mackenzie central/The Ramparts et Fort Nelson.

En général, les menaces qui pèsent sur le bassin versant du Bas-Mackenzie varient de faibles à modérées dans les sous-bassins évalués. La perte d’habitats dans les aires boisées au sud du bassin et les changements climatiques à plusieurs endroits sont considérées comme les menaces les plus importantes.

Il y a encore beaucoup de travail à faire pour en arriver à une réelle connaissance de l’état de santé de ce bassin versant. Le rapport du WWF sur l’état de santé du Bas-Mackenzie démontre qu’il y a un manque à gagner quant aux données sur la région.

Pour en savoir plus, visitez le Rapport du WWF.