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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Cinq faits étonnants à propos des populations de baleine au Canada

Chaque mercredi soir à 20 h, regardez le WWF Water Wednesdays sur la chaîne de télévision anglophone Love Nature pour en apprendre plus sur les enjeux de conservation liés à l’eau à travers le monde.

Par Jenna Wootton

Avec plus de 30 espèces de baleines qui déambulent le long des 200 000 km de littoral, il n’est pas étonnant d’apprendre que le Canada est considéré comme un des territoires privilégiés pour l’observation des baleines. Et si vous avez la chance d’en voir une en chair et en os, ces faits pour le moins étonnants les rendront encore plus impressionnantes à vos yeux.

Les licornes existent, et elles vivent en Arctique

Le narval, aussi connu comme la licorne de mer, a reçu ce fabuleux nom dû à sa marque de commerce : sa longue défense en ivoire en spirale sur le dessus de sa tête. La taille même de cette défense, qui peut parfois atteindre trois mètres de long, n’est pas la seule raison qui la rend incroyable. Il y a des centaines d’années, les gens croyaient que ces défenses détenaient des pouvoirs magiques et en quelque sorte, ils n’avaient pas complètement tort. De récentes recherches révèlent que ces défenses contiennent des millions de terminaisons nerveuses et qu’elles joueraient un rôle primordial dans la recherche de nourriture de cette espèce.

A narwhal (Monodon monoceros) surfacing for breath in the Arctic, Canada.

Narval (Monodon monoceros) respire à la surface de l’océan Arctique, Canada. © Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Les bruits sous-marins créent la confusion pour les baleines de la côte Nord du Pacifique

Le monde devient de plus en plus bruyant, sur terre comme en mer, et pour certains mammifères, il s’agit là de plus que d’une simple nuisance. La côte du Pacifique au Canada abrite des mammifères marins exceptionnels, tels que les rorquals communs, les baleines à bosse et les orques. Mais cette situation pourrait devenir chose du passé avec l’augmentation du trafic maritime, des sonars et de la construction. Les baleines sont très sensibles aux sons et c’est un des sens les plus importants, que ce soit pour naviguer, éviter les prédateurs, pour la recherche de nourriture ou pour trouver un partenaire. Étant aussi indispensables à leurs survies, les chercheurs se préoccupent du fait que les bruits continus affectent sérieusement les populations de baleines. Le WWF-Canada collabore avec des scientifiques afin de cartographier et de mieux comprendre les effets de la pollution sonore sur la côte du Pacifique. Nous travaillons aussi avec le gouvernement et les entreprises pour réduire les niveaux de bruits dans les habitats fragiles de la baleine en promouvant les technologies vertes, en améliorant les opérations de gestion et de plus, nous explorons la possibilité de mettre en place des « aires silencieuses » pour les espèces marines.

Humpback whales (Megaptera novaeangliae) feeding in the coastal waters near Prince Rupert, British Columbia, Canada.

Baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) dans les eaux côtières à proximité de Prince Rupert, Colombie-Britannique, Canada. © WWF-Canada / Chad Graham

Les bélugas débordent de contaminants…

« Vous êtes ce que vous mangez » n’est pas qu’une simple expression pour certains bélugas. Ces baleines blanches uniques résident généralement dans les zones arctiques, mais quelques populations vivent un peu plus au Sud. Ces espèces provenant de l’Âge de glace se retrouvent surtout dans l’estuaire du Saint-Laurent et sont souvent confrontées aux activités humaines telles que le dragage, la navigation commerciale et récréative et la construction. En conséquence, ils sont exposés à un nombre considérable de contaminants, dont les BPC, DDT, le mercure et le plomb. La concentration de ces contaminants dans les bélugas repêchés sur les rives du Saint-Laurent a été si élevée dans le passé que les carcasses de bélugas ont dû être classées comme déchet toxique. C’est une réalité particulièrement troublante lorsque l’on réalise que ces baleines sont au sommet de la chaîne alimentaire marine et peuvent agir comme un indicateur de la santé générale de l’écosystème.

Beluga whale (Delphinapterus leucas), St. Lawrence River, Quebec, Canada.

Béluga (Delphinapterus leucas), dans le fleuve Saint-Laurent, Québec, Canada. © Robert Michaud / WWF-Canada

Des chiens détectives aident à réparer les injustices faites à la baleine noire

Le rythme plus lent et la proximité au littoral font de la baleine noire de l’Atlantique Nord une cible de choix pour les chasseurs à l’époque où la chasse à la baleine était en cours. Beaucoup de choses ont changé depuis, mais l’activité humaine demeure la menace principale pour ces baleines. Ces grandes voyageuses se déplacent sur de longues distances et se retrouvent parfois dans les sites de pêche ou de trafic fluvial lorsqu’ils migrent annuellement. De ce fait, plus de 70 % de ces baleines sont meurtries parce qu’elles s’emmêlent dans les filets de pêche. Le WWF-Canada a travaillé avec les pêcheurs de homards de la côte sud de la Nouvelle-Écosse afin de mettre en place des pratiques qui réduisent ces enchevêtrements, comme par l’utilisation minimale de cordes et en s’assurant que tous les raccords sont fixés aussi bas et serrés que possible. Mais certains scientifiques approchent le problème vraiment différemment. Ils ont recueilli des échantillons d’excréments de baleine pour évaluer le stress, la santé et les hormones reproductives de ces mammifères et ils ont enrôlé des chiens pour les aider. Après tout, pourrait-on trouver un meilleur parti qu’un sympathique Rottweiler nommé Fargo pour aider? Il a fait partie de l’équipe de chiens dressés spécialement pour repérer les excréments de certaines espèces de baleine, en particulier la baleine noire de l’Atlantique Nord.

North Atlantic right whale (Eubalaena glacialis) off Grand Manan Island, Bay of Fundy, New Brunswick, Canada.

Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) au loarge de l’île Grand Manan baie de Fundy, Nouveau-Brunswick, Canada. © Barrett&MacKay / WWF-Canada

Une population très spéciale de baleines vit dans le Gully

Le Gully est un immense canyon sous-marin au bord de la plate-forme continentale de la côte orientale de l’Amérique du Nord, à environ 200 kilomètres des côtes de la Nouvelle-Écosse. Avec des parois abruptes qui descendent jusqu’à deux kilomètres dans l’océan, cette région regorge de richesses marines. Mais elle est surtout reconnue pour être le refuge de l’espèce menacée de la baleine à bec commune. Originaires de l’Atlantique Nord, ces baleines à bec vivent généralement dans les eaux subarctiques comme le détroit de Davis, la mer du Labrador et la mer du Groenland. Mais quelque 160 de ces créatures vivent dans le Gully pendant toute l’année. C’est une des raisons qui motivent le choix du WWF-Canada de travailler dans cette région depuis 20 ans (lien en anglais) pour la protéger des développements pétroliers et gaziers et de la pêche. En partie grâce au WWF, le Gully est devenu la première aire marine protégée (AMP) dans la région de l’Atlantique en 2004.

Northern bottlenose whale (Hyperoodon ampullatus) breaching, The Sable Gully, Atlantic Ocean, off Nova Scotia, Canada.

Baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) Gully, océan Atlantique, au large de la Nouvelle-Écosse, Canada. © Robyn BAIRD / WWF-Canada