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Nos aires marines protégées à la dérive?

La présidence de Barack Obama se termine de façon éclatante.

En août dernier, Obama a agrandi le monument national marin Papahānaumokuākea à proximité d’Hawaii à 1 510 000 km2. Cela représente environ la superficie du Québec, plus grande province du pays, faisant de Papahānaumokuākea l’aire protégée la plus vaste au monde, terrestre et maritime. Le 15 septembre, il a annoncé la création d’un autre monument national marin, les canyons et montagnes sous-marins du Nord-Est, le premier dans l’Atlantique. Si cette dernière réserve est plus petite, elle est plus proche des côtes et donc utilisée de façon plus intensive. Ce monument protégera des zones importantes sur le plan biologique, dont les habitats des coraux des grands fonds, des baleines et des tortues marines menacées.

Blackfooted albatross (Phoebastria nigripes) taking off in the French Frigate Shoals, Northwestern Hawaiian Islands, United States.

Monument national marin Papahānaumokuākea protège l’habitat d’oiseaux tels que cet albatros à pieds noirs. © Elaine LEUNG / WWF-Canada

Obama a annoncé la création de cette aire protégée lors de la conférence internationale sur les océans organisée par le département d’État et, remarquablement, ce ne fût pas la seule grande nouvelle à être révélée. La Grande-Bretagne a annoncé qu’elle allait interdire la pêche commerciale dans l’aire marine protégée des Îles Pitcairn, créant ainsi une zone sans prélèvement d’un million de km2. L’Union européenne a annoncé qu’elle en était à la moitié de son objectif de 10 % de protection marine d’ici 2020. Le Chili a témoigné du succès de son aire marine protégée de la taille de l’Italie, créée en 2015.

Au total, 20 pays étaient présents pour annoncer la création de 40 nouvelles aires marines protégées, totalisant 1,2 millions de km2, et dont l’objectif est la protection de nos océans des menaces de pollution et de surpêche.

Le Canada a ses propres engagements à respecter : protéger 5 % du territoire marin du pays d’ici 2017 et 10 % d’ici 2020. Nous savons que nous pouvons les atteindre. Nous devons seulement nous mettre au travail.

Par exemple, maintenant que les droits pétroliers à proximité du détroit de Lancaster en Arctique ont été abandonnés, l’aire marine protégée (AMP) demandée par la communauté depuis 40 ans peut désormais être créée. Protéger le détroit de Lancaster, une région qui fait deux fois la taille de la Nouvelle-Écosse, doublerait l’espace océanique protégé par le Canada.

Aerial view of Narwhal (Monodon monoceros) group migrating, Lancaster Sound, Canadian Arctic

Narvals nageant dans le détroit de Lancaster, qui n’est pas encore protégé. © naturepl.com / Doug Allan / WWF

Afin d’illustrer ce qui pourrait également se produire en termes de protection marine, le WWF-Canada a créé une carte interactive (en anglais, disponible bientôt en français) qui met en relief les AMP proposées et des renseignements sur les AMP existantes.

Mais ce n’est pas seulement le pourcentage ciblé qui importe : les AMP offrent aussi une protection significative. Plongez dans le monde des aires marines protégées et découvrez ce que la science nous révèle à propos des protections océaniques les plus efficaces.

Les attentes internationales ont été comblées, alors que les États-Unis démontrent leur réelle volonté et leur sérieux concernant la protection des océans. Le WWF-Canada applaudi ces énormes changements à l’échelle mondiale. Si le Canada honore ses engagements, nous pouvons nous attendre rapidement à des annonces sur les AMP dès les prochains mois.