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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Partenariat entre la Première Nation Gitga’at et le WWF-Canada pour protéger la nature

Il y a deux semaines, j’ai eu la chance de me rendre jusqu’à Hartley Bay, petite communauté située à deux heures de bateau de Kitimat, en Colombie-Britannique. C’est dans le territoire de la Première Nation Gitga’at, faisant partie de la belle région de la Forêt pluviale du Grand Ours, dont la taille correspond à environ le double de la superficie de l’Île-du-Prince-Édouard. Au-dessus des gigantesques falaises côtières, nous apercevons l’épaisse forêt, refuge des loups, des aigles et des célèbres ours esprit. Dans l’océan, il y a des saumons, des lions de mer, des épaulards, ainsi que d’autres baleines, beaucoup d’autres baleines. Le jour où je me suis trouvé à bord d’un bateau avec les Gitga’at, nous avons dû voir pas moins de 10 baleines à bosse différentes mangeant du hareng, et je me suis souvenu que la survie de ces énormes prédateurs dépend des petits et vulnérables poissons-proies.

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Un Kermode, ou ours esprit, chassant le saumon dans un ruisseau sur le territoire Gitga’at. © Catharine Tunnacliffe / WWF-Canada

La raison de ma présence était la signature de l’accord avec la Première Nation Gitga’at. Cet accord, l’un des premiers de ce genre entre une Première Nation et le WWF-Canada, nous engage à collaborer pour la protection marine de la région et à créer des occasions de développement économique durable. C’est un nouveau type de partenariat pour nous, et c’en est un qui m’anime tout particulièrement.

Mes collègues et moi avons reçu un accueil chaleureux à Hartley Bay, et la cérémonie entourant la signature de l’accord entre les Gitga’at et le WWF-Canada a été honorée par des chants traditionnels, des danses et un festin de poissons locaux, crabes et baies. Le jour suivant, nous avons pris part à une randonnée en forêt pour voir un ours esprit, puis en bateau pour voir les baleines et lions de mer. J’ai visité le Cetacea Lab, une station de recherche éloignée, perchée sur un promontoire rocheux et dans laquelle les chercheurs utilisent des micros sous-marins pour enregistrer les sons des baleines et étudier les interactions entre les différentes espèces de baleines, telles que les épaulards, les baleines à bosse et les rorquals communs. Ces chercheurs travaillent en collaboration avec les Gitga’at et ensemble, ils ont fait part de leurs inquiétudes face à ce que signifierait une éventuelle augmentation du trafic maritime sur le territoire.

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Baleines à bosse se nourrissant de harengs sur le territoire Gitga’at, au nord de la Colombie-Britannique. © Catharine Tunnacliffe / WWF-Canada

Récemment, les Gitga’at, accompagnés d’autres Premières Nations, ont remporté une mince victoire contre le projet d’oléoduc Northern Gateway, lequel prévoyait le passage annuel de 200 navires-citernes remplis de bitume à travers leur territoire. C’est dans cette région qu’a eu lieu le naufrage du traversier Queen of the North en 2006. Il est difficile d’imaginer un navire-citerne capable de manœuvrer avec succès à travers cet étroit canal, et trop facile d’imaginer le désastre qu’occasionnerait un déversement de bitume au même endroit.

Une partie de ce nouveau partenariat avec les Gitga’at nous engage à travailler de concert pour le développement d’une stratégie de protection marine du territoire. Nous sommes impatients de pouvoir puiser au sein des riches connaissances traditionnelles du peuple Gitga’at concernant leur territoire et de partager avec eux notre expertise en conservation marine.

Le WWF-Canada travaille avec l’objectif de bâtir des communautés résilientes qui coexistent avec un environnement en santé. Les Gitga’at reconnaissent que le bien-être de leur nation est intrinsèquement lié au bien-être de leurs terres et de leurs eaux. Avec ce nouvel accord, nous avons la chance de pouvoir nous épauler dans nos objectifs respectifs, explorant un développement économique qui apportera des bénéfices à long terme pour la région.