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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Déclin majeur d’espèces prévu d’ici 2020. Voici pourquoi, et ce que l’on peut faire

À chaque deux ans, le Fonds mondial pour la nature (WWF) et la Société zoologique de Londres présentent un rapport sur l’état de santé de la planète, accompagné d’un classement actualisé des populations d’espèces. Cette année, les chiffres sont particulièrement sombres : les populations ont déjà subi un déclin de 58 % en moyenne entre 1970 et 2012. Et à moins que nous n’agissions vraiment rapidement, le risque de déclin atteindrait 67 % d’ici 2020. C’est plus des deux tiers des espèces de la planète condamnés au cours de notre existence.

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Requin-taupe (Lamna nasus), Nouvelle-Écosse, Canada. Le tiers des requins et des raies sont considérées en danger d’extinction en raison de la surpêche. © naturepl.com / Doug Perrine / WWF

Le rapport Planète vivante 2016 nous révèle que les populations terrestres ont subi un déclin de 38 %. Les populations marines, 36 % de déclin. Et les populations d’eau douce, une baisse alarmante de 81 %.

Malgré tous nos efforts, la tendance avance dans la mauvaise direction, et nous sommes les seuls à blâmer. Ce sont les activités humaines qui sont à l’origine des pressions sur la nature : la perte et la fragmentation d’habitats causées par les changements climatiques, l’aménagement du territoire et la pollution sont parmi les plus importants facteurs de déclin des espèces.


Visitez le portail Rapport Planète vivante 2016 pour une couverture complète incluant :


Selon le rapport, la population mondiale consomme chaque année l’équivalent des ressources renouvelables de 1,6 planète.

On entend souvent dire que la planète aurait besoin d’autres pays comme le Canada, mais comment nous comparons-nous? Nous savons qu’ici, l’empreinte écologique est encore plus importante que cela; si tout le monde vivait comme nous, nous aurions besoin de 4,7 planètes.

Nous consommons davantage que ce que la nature peut nous donner. Et les espèces en paient le prix. Une migration de masse a déjà commencé, les espèces migrant en réaction aux changements saisonniers, afin de trouver de l’eau, d’échapper aux feux de forêt, d’aller là où la banquise les empêchait autrefois de migrer.

Clairement, il faut agir dès maintenant. Le rapport Planète vivante identifie les systèmes à prioriser, dont l’énergie et la finance. Pour limiter le réchauffement en-dessous de 1,5 ˚C (ce qui implique tout de même un réchauffement de 5 ˚C en Arctique), nous devons accélérer la vaste transition vers des énergies renouvelables respectueuses des habitats. Et nous devons mettre au point des mesures économiques qui prennent l’environnement en considération.

Windturbines near the North Sea coast. Wind energy is well developed in the Netherlands.

Le WWF-Canada est un pionnier dans les approches de développement d’énergies renouvelables respectueuses des habitats pour tous les types d’énergie : environnements terrestre, d’eau douce, marin et arctique.

Conserver la croissance du PIB comme principal objectif politique ne fonctionnera pas à long terme, parce que le PIB ne mesure pas le coût de destruction environnementale. La croissance semble être un bon objectif, mais nous commençons à atteindre les limites de ce qui est possible. Nous devrions plutôt penser en termes de prospérité pour tous. Et avec ce nouvel objectif en tête, nous avons besoin de nouvelles mesures économiques qui incluent la valeur des bénéfices provenant d’un environnement sain (les poissons que nous mangeons, l’eau potable que nous buvons et l’air pur que nous respirons) et les coûts environnementaux de la production et la consommation qui sont présentement assumés par les espèces, incluant les humains.

Nous croyons que nous pouvons vivre, et prospérer, à l’intérieur des limites de la nature. Pour y parvenir, nous devons perfectionner l’équation. La taxe sur le carbone est un premier pas important.

Mais ce n’est pas suffisant. Le Canada abrite 20 % des réserves d’eau douce mondiales et 10 % des forêts restantes de la planète. Nous avons la capacité de protéger une partie importante des océans Atlantique, Pacifique et Arctique. Considérant l’interconnexion entre les systèmes terrestres, le Canada a une responsabilité unique de protéger la biodiversité.

La nature canadienne aussi fait face à une pression croissante en raison des changements climatiques, de la perte d’habitats et de l’industrialisation. La destruction des habitats et des écosystèmes nous affecte tous, puisque ces habitats nous fournissent également de la nourriture, de l’énergie et les éléments essentiels à la survie de l’être humain. Nous pouvons faire mieux.

The biggest threats to species are habitat loss and degradation, followed by overexploitation. © WWF-US / Deborah Gainer

Les plus grandes menaces pour les espèces sont la perte et la dégradation des habitats, suivies par la surexploitation. © WWF-US / Deborah Gainer

Le WWF-Canada travaille avec les communautés, les industries et les institutions académiques afin de concevoir, évaluer et mettre en place des solutions de terrain aux problèmes qui pèsent sur les espèces et leurs habitats. Tout au long de ce travail, nous adressons également des recommandations au gouvernement dans l’espoir de créer les conditions gagnantes. Certaines de ces recommandations sont annoncées publiquement, d’autres sont déposées devant des commissions gouvernementales et ne voient que rarement la lumière du jour. Devant l’ampleur des constats divulgués dans le rapport Planète vivante 2016, nous avons cru bon de les rassembler dans un seul document qui rappellent quelles mesures le Canada pourrait prendre pour protéger la biodiversité. Pour toutes les espèces, incluant les humains. Avant qu’il ne soit trop tard.