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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


L’Arctique lance un appel urgent à l’action

Nulle part sur la planète, les effets des changements climatiques ne se font sentir aussi rapidement et aussi radicalement qu’en Arctique. Les Inuits racontent déjà des histoires de rencontres avec des épaulards dans des eaux où on ne les a jamais aperçus auparavant, d’arbres gigantesques là où seulement des arbustes poussaient, d’oiseaux qui avaient l’habitude de migrer vers des climats plus doux. Le pergélisol fond et la glace dont dépendent la faune et les Inuits change, disparaît même à certains endroits, rendant la migration et les mouvements d’un endroit à l’autre , pour trouver de la nourriture, presque impossibles.

Sea ice breaking up to form leads, Foxe Basin, Nunavut, Canada.

Banquise qui craque, Bassin Foxe, Nunavut, Canada. © Peter Ewins / WWF-Canada

Le monde a engagé l’Arctique, sa faune et ses communautés dans un réchauffement considérable et une perte de banquise sans précédent. Même si nous arrivons à réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre et à limiter le changement de température de 1,5 ˚C à 2 ˚C, cette hausse signifie tout de même environ 3,5 ˚C à 5 ˚C de réchauffement pour l’Arctique. Les discussions sont déjà engagées sur notre capacité à pouvoir conserver le Dernier refuge de glace, cette zone où la banquise d’été arctique devrait demeurer le plus longtemps, refuge des ours polaires, des narvals, des morses et d’autres espèces qui dépendent de la banquise pour survivre.

La plupart d’entre nous ne pouvions imaginer que l’on en arriverait là, du moins pas de notre vivant. L’Arctique est en train de changer d’un environnement blanc, couvert de glace et prévisible vers un environnement de plus en plus instable. Et en raison des relations étroites entre les systèmes terrestres, les changements en Arctique auront des répercussions partout dans le monde. Comme le pergélisol fond, le carbone stocké est libéré. La perte de banquise signifie qu’une quantité moindre de rayonnement solaire sera renvoyée vers l’espace, accélérant davantage le réchauffement. Les conditions des zones climatiques de latitude moyenne pourraient être affectées. Les scientifiques prédisent une réaction en chaîne globale.


Visitez le portail Rapport Planète vivante 2016 pour une couverture complète incluant :


Et comme l’indique le rapport Planète vivante 2016, les mammifères, oiseaux, poissons et autres espèces dans le monde luttent déjà pour leur survie. Une migration de masse est déjà commencée, certaines plantes et espèces d’animaux se dirigeant plus au Nord et provoquant d’inévitables conflits avec les espèces arctiques. Des changements majeurs sont nécessaires, et cet appel à l’action provenant de l’Arctique est encore plus puissant.

Killer whales (Orcinus orca) surfacing in Prince William Sound, Alaska, United States. © Scott Dickerson / WWF-US

Épaulards (Orcinus orca) surfacing dans le détroit Prince, Alaska, États-Unis. © Scott Dickerson / WWF-US

Le mois dernier, dans un document d’information intitulé A 5˚C Arctic in a 2˚C World publié en vue du premier Arctic Science Ministerial à Washington, D.C, des scientifiques spécialistes de l’Arctique de partout dans le monde ont demandé aux dirigeants de lancer une transition massive et immédiate vers les énergies renouvelables. De plus, ils ont aussi demandé qu’une profonde décarbonisation du secteur de l’énergie soit enclenchée dès maintenant, jusqu’à des émissions négatives (capture et stockage du carbone).

L’auteur principal de l’article, Peter Schlosser, directeur de recherche au Earth Institute at Columbia University, résume de façon concise : « Il ne nous reste presque plus de temps. Si nous n’agissons pas d’ici les prochaines années, alors nous condamnons l’Arctique et les autres systèmes mondiaux à un autre cycle de changements qui sont, par essence, irréversibles. »

Ce n’est pas l’avenir que le WWF-Canada souhaite pour l’Arctique ou pour la planète. Le rapport Énergie du Fonds mondial pour la nature (WWF) renferme des mesures ciblées pour un avenir entièrement alimenté par les énergies renouvelables d’ici 2050. La Stratégie fédérale de développement durable 2016-2019 fixe cet objectif : d’ici 2030, 90 %, et à long terme, 100 % de l’électricité canadienne sera produite à partir de sources renouvelables et sans émissions.  Présentement, le WWF-Canada collabore avec les communautés nordiques, le gouvernement du Nunavut, les institutions académiques et le ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables dans l’Arctique canadien. Les recherches ont démontré que les énergies renouvelables peuvent être efficaces et rentables en Arctique

Le monde a déjà dépassé les limites planétaires, et l’Arctique en porte la trace. Si nous tenons réellement à protéger et préserver l’Arctique canadien et sa faune, nous ne pouvons nous permettre d’attendre plus longtemps.