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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Les écosystèmes d’eau douce font face à des menaces imminentes

À travers le monde, les populations d’espèces d’eau douce ont subi un déclin de 81 % au cours des quatre dernières décennies. C’est plus du double du déclin des populations d’espèces terrestres ou marines. Au Canada, ces espèces d’eau douce menacées comprennent le saumon de l’Atlantique, l’esturgeon blanc, la moule d’eau douce, le naseux de Nooksack, la grenouille léopard, et sept des huit espèces de tortues d’eau douce (dont les tortues mouchetées, tachetées et des bois).

Blanding's turtle (Emydoidea blandingii) on a log, North America.

Tortue mouchetée (Emydoidea blandingii), Amérique du Nord. © J. D. Taylor / WWF-Canada

Le rapport Planète vivante publié aujourd’hui démontre que, globalement, la perte d’habitat est la principale menace pour les espèces des lacs, rivières et milieux humides. Triste nouvelle, considérant le plus récent rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature qui estime que la demande mondiale en eau augmentera de 40 % d’ici 2030, dans 14 ans à peine. La crise mondiale de l’eau est réelle et les données du rapport Planète vivante 2016 le confirment. Les rapports sur les bassins versants du WWF-Canada révèlent que huit des 19 bassins versants évalués jusqu’à maintenant sont aux prises avec des niveaux de menace allant de « élevé » à « très élevé » pour la perte d’habitats, et six ont des niveaux « moyens ».


Visitez le portail Rapport Planète vivante 2016 pour une couverture complète incluant :


Le Canada a la chance d’avoir de l’eau à profusion, avec 20 % de l’approvisionnement mondial en eau douce. Il est donc tentant de considérer la crise mondiale comme un problème qui n’arrive qu’aux autres. Nous nous sommes toujours fait dire que nous vivions dans un pays riche en eau. Mais la perspective canadienne selon laquelle notre eau est abondante est un mythe. Seulement 1 % de l’eau douce est réapprovisionné annuellement et les rapports sur les bassins versants du WWF-Canada démontrent jusqu’à présent que nous ne savons pas dans quel état se trouvent nos cours d’eau.

En fait, 10 bassins versants sur les 19 évalués jusqu’à maintenant n’ont pu obtenir un résultat de santé général en raison du manque de données, étant inaccessibles ou inexistantes. La vérité, c’est que le Canada a bel et bien un problème avec son eau; le principal problème étant une méconnaissance et incompréhension de celle-ci.

The Athabasca River is one of North America’s longest rivers, stretching 1,538 kilometres from the Columbia Icefield to the Alberta/Saskatchewan border. © Dave Burkhart / WWF-Canada

La rivière Athabasca est l’une des plus longues rivières en Amérique du Nord, s’allongeant sur        1 538 kilomètres. © Dave Burkhart / WWF-Canada

Croyez-le ou non, c’est une réalité même dans certains des bassins versants les plus densément peuplés et développés au pays, incluant celui des Grands Lacs. Étant donné l’importance de nos écosystèmes d’eau douce pour notre économie – voire nos vies! – nous ne pouvons tout simplement pas « ne pas savoir » plus longtemps.

Au WWF-Canada, nous établissons des partenariats avec les communautés riveraines afin de combler l’actuel manque de connaissance à propos de l’état de santé et des menaces concernant notre eau douce, renforcer les capacités locales pour amasser et partager les données relatives à l’eau douce, ainsi que pour amener la surveillance et la gestion de cette précieuse ressource au 21e siècle. Nous préconisons et appuyons la technologie et les données provenant de sources ouvertes à travers des recommandations à la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale et la Loi sur les pêches, ainsi qu’en rendant nos propres évaluations et données libres et accessibles à tous.

Nous vivons dans un pays aux milliers de lacs et rivières. L’étendue et l’immensité de nos écosystèmes d’eau douce nécessitent une approche concertée et coordonnée. Considérant les diversités régionales et l’amplitude du pays, nous reconnaissons que ce n’est pas le travail d’un seul groupe ou d’un seul gouvernement.

Pour y arriver, le WWF-Canada travaille de concert avec des partenaires afin d’assurer une rigueur scientifique à la surveillance communautaire, en commençant par la toute première discussion à ce propos au North American Lakes Management Society Symposium à Banff, Alberta, en novembre. La science citoyenne a le potentiel pour fournir des données rigoureuses (en anglais seulement) et des réactions rapides, directement sur le terrain, face aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes d’eau douce.

À partir de là, le WWF-Canada développe des réseaux régionaux avec d’autres organisations environnementales, qui peuvent être élargis vers une structure nationale pour s’assurer que les prises de décisions s’appuieront sur des preuves.

En tant que pays, les décisions que nous prenons aujourd’hui auront des conséquences sur la santé des eaux canadiennes pour les décennies à venir. En créant des solutions immédiates pour obtenir les données nécessaires, le WWF-Canada aide à la compréhension de l’état de santé de nos écosystèmes d’eau douce, guidant le pays dans la bonne direction pour la gestion de l’eau et la protection des espèces d’eau douce.