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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Économies en santé et écosystèmes océaniques peuvent aller de pair. Voici comment.

La baie de Fundy est à la fois un trésor écologique et une ressource économique pour les Maritimes. Ses énormes marées alimentent un écosystème riche en vie marine : les petits poissons-proies se nourrissent des nutriments apportés par les marées et les baleines viennent se nourrir des bancs de harengs.

Humpback whale flukes, (Megaptera novaeangliae) off Grand Manan Island, Bay of Fundy, New Brunswick, Canada.

Baleines à bosse montrant leurs queues dans la baie de Fundy © Barrett&MacKay / WWF-Canada

C’est aussi un lieu-clé pour l’activité économique dans la région, plusieurs communautés étant dépendantes de la baie pour les revenus de la pêche et du tourisme. Il y a également les ports et le trafic maritime, accompagnés des parcs nationaux et des potentielles aires marines protégées. Et l’année passée, des tests de turbines marémotrices ont été effectués dans le bassin Minas de la baie de Fundy, afin d’examiner la faisabilité d’alimenter la Nouvelle-Écosse en énergie marémotrice.

Avec tout ce qui se passe dans la région, les conflits sont peut-être inévitables. Mais pas insurmontables.

C’est ici qu’intervient la planification spatiale marine. La PSM rassemble les communautés et les organisations qui profitent de l’océan afin de prendre des décisions éclairées concernant les ressources, les utilisations et les habitats naturels. C’est équivalent à une planification d’aménagement du territoire, mais pour les océans.

A tour boat sails in the Bay of Fundy, near Nova Scotia, Canada.

Bateau de plaisance navigant dans la baie © J. D. Taylor / WWF-Canada

Ce qui est encourageant, c’est que ça fonctionne déjà à plusieurs endroits, dont dans l’État du Rhode Island, où un plan complet a été développé avec les parties prenantes sur la façon de développer et protéger les ressources océaniques de l’État. Leur Plan de gestion des zones spéciales océaniques a été complété en 2010 et son succès a été reconnu à l’échelle internationale parce qu’il parvient à réduire les conflits et pave la voie au développement peu controversé des projets d’énergies renouvelables comme les éoliennes extracôtières.

En janvier, le WWF-Canada a invité en Nouvelle-Écosse trois experts des PSM provenant du Rhode Island :

  • Jennifer McCann, directrice du U.S. Coastal Programs à l’University of Rhode Island Coastal Resources Center. Elle a participé au renforcement des capacités des praticiens en gestion côtière autour du monde à travers des formations et des ateliers.
  • Grover Fugate, directeur général du Rhode Island Coastal Resources Management Council. Il détient des décennies d’expérience en supervision du développement de programmes et politiques pour le programme côtier de l’État du Rhode Island
  • Dave Beutel, coordonnateur aquaculture et pêcheries du Rhode Island Coastal Resources Management Council. Un ancien pêcheur qui a une expérience de travail avec les intervenants du secteur des pêches.

Ils ont mené une semaine d’activités appelée Planifier les océans de demain, qui comportait trois éléments :

  • Un « tour d’observation », au cours duquel nos invités ont pu rencontrer divers groupes autour du passage Minas de la baie de Fundy, dont des pêcheurs, des groupes autochtones et des développeurs de projets d’énergie marémotrice.
  • Un évènement public avec le College of Sustainability de la Dalhousie University.
  • Un atelier pour explorer en profondeur les possibilités d’implantation de la PSM dans la baie de Fundy.
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Participants arrivant à l’évènement public de l’Université Dalhousie

Les communautés et organisations ont pu discuter de leurs préoccupations et partager leurs expériences tout en apprenant des experts de Rhode Island comment la PSM pourrait être bénéfique pour la baie.

Les conflits ont été exposés, mais un terrain d’entente a aussi été découvert. Il y a eu un fort consensus sur le fait que les futurs plans pour la baie de Fundy auront besoin de favoriser l’écosystème, tout en créant des bénéfices économiques.

Il a aussi été largement convenu qu’il faudrait récolter des preuves concrètes des effets environnementaux des nouvelles activités et technologies. Ce sont les zones qui pourraient être élargies et mises en œuvre si un processus de planification spatiale marine pour la baie de Fundy allait de l’avant. Et le WWF-Canada fait partie de ceux qui le souhaitent grandement.