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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Tallurutiup Imanga : une victoire après 30 ans d’efforts

C’est un lieu d’une beauté naturelle indescriptible. C’est l’habitat arctique du trois quarts de la population mondiale de narvals et un lieu où des millions d’oiseaux de mer arrivent en été pour élever leurs petits. Un lieu qui fait partie du Dernier refuge de glace, la seule région de l’Arctique supposée conserver sa banquise d’été d’ici 2050.

Et aujourd’hui, il est enfin protégé.

© Eric Baccega Narvals (Monodon monoceros) croisant leurs défenses au-dessus de la surface de l’eau.

J’ai eu la chance de visiter Pond Inlet au Nunavut, dans le détroit de Lancaster, lors de l’annonce des nouvelles frontières pour Tallurutiup Imanga, la future aire nationale marine de conservation (AMNC). C’est un endroit d’une beauté extraordinaire, l’une des régions marines les plus riches en biodiversité arctique, regorgeant d’ours polaires, de phoques, d’oiseaux de mer, de morses, de bélugas et de baleines boréales.

J’étais fier de représenter le WWF-Canada dans cette région où nous travaillons depuis les années 1980, lorsque nous nous sommes joints aux communautés locales dans leur lutte pour protéger la nature de cette région contre les menaces de développement extracôtier de gaz et de pétrole.

Au début 2016, le WWF-Canada intentait une poursuite contestant la validité de 30 permis d’exploration dans la région appartenant à Shell. Au même moment, la société énergétique décidait de renoncer volontairement à ces permis. Ce processus a culminé en une annonce conjointe, en juin 2016, au cours de laquelle les permis ont pu être retournés au gouvernement, ouvrant ainsi la voie à l’expansion des frontières proposées pour l’AMNC, afin de protéger l’un des habitats essentiels les plus importants pour les espèces de la région.

© Andrew S. Wright / WWF-Canada Mouettes perchées sur la banquise d’été à Pond Inlet.

Un an plus tard, le 14 août 2017, Parcs Canada et le gouvernement fédéral ont annoncé que les frontières finales de l’aire marine nationale de conservation de Tallurutiup Imanga seraient même plus vastes, suivant ainsi les recommandations de l’Association des Inuits de Qikiqtani.

Nous sommes ravis par cette nouvelle et nous espérons que vous l’êtes tout autant. Un territoire plus grand protégera davantage l’intégrité de l’écosystème fragile de l’Arctique, protégeant l’habitat d’animaux majestueux et les communautés qui en dépendent.

En fait, l’aire marine nationale de conservation de Tallurutiup Imanga est de loin la plus grande aire marine protégée au Canada. Ses 109 000 km2 ont permis de tripler le pourcentage de territoire marin protégé au Canada, passant de 1,1 % à 3,4 %. Et Tallurutiup Imanga est rigoureusement protégée. En vertu de la loi fédérale, les AMNC sont protégées des explorations pétrolières et gazières, de l’exploitation minière sous-marine, de la surpêche et des rejets de déchets en mer.

Le monde a considérablement changé depuis 30 ans, lorsque nous avons entamé notre travail sur la promotion de la conservation de cette aire que nous appelons maintenant Tallurutiup Imanga. Mais la nécessité et l’urgence de protéger nos océans, ainsi que l’Arctique, n’ont cessé de grandir en raison des changements climatiques. Particulièrement en Arctique, où le réchauffement de la température pourrait ouvrir la porte à davantage de transport maritime et de développement dans la région. La protection de Tallurutiup Imanga est une immense victoire en route vers un avenir où les communautés vivront en harmonie avec la nature.