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Découvrir l’idyllique Sentier international des Appalaches au Québec

Écrit par Alexandre Duval, blogueur invité

Un majestueux sentier de randonnée pédestre de 1085 kilomètres, dont plus de la moitié passe par la péninsule gaspésienne et dont l’existence demeure pratiquement inconnue auprès des Québécois, est-ce possible? Il semblerait que oui : la portion québécoise du Sentier international des Appalaches (SIA), qui débute au mont Katahdin dans le Maine et passe par le Nouveau-Brunswick avant d’arriver en terre gaspésienne, demeure l’un des secrets les mieux gardés de la belle province. Mais ce n’est peut-être qu’une question de temps…

Un sentier de calibre international

On ne peut pas vraiment blâmer la population québécoise d’ignorer largement l’existence du SIA. Développé conjointement par le Québec, le Maine et le Nouveau-Brunswick entre 1995 et 2001, le SIA est un parcours de randonnée pédestre encore tout jeune. Qui plus est, de nouvelles portions ont récemment été ajoutées au SIA après que d’autres provinces canadiennes – la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et Labrador ainsi que l’Île-du-Prince-Écouard – aient décidé d’emboîter le pas dès 2003, augmentant à plus de 3000 kilomètres les possibilités d’itinéraires du SIA.

N’empêche que l’heure de découvrir cet idyllique sentier pédestre a sonné pour les gens de la belle province… et du monde entier : la portion québécoise du SIA (SIA-QC) pourrait bientôt être homologuée GR (pour « Grande Randonnée ») par la Fédération française de randonnée pédestre, une référence internationale en la matière. Si ce projet d’homologation devait se concrétiser, la renommée du SIA rejoindrait automatiquement des centaines de milliers d’amateurs de randonnée pédestre à travers le monde. Cela donnerait une visibilité jusque-là inespérée aux quelque 650 kilomètres que compte le SIA-QC.

Sentier international des appalachesSentier international des Appalaches (c) sia-iat.com

Un « Compostelle bien de chez nous » à découvrir

Parcourir l’ensemble de la section québécoise du SIA en partance de Matapédia – à la frontière avec le Nouveau-Brunswick – jusqu’au cap Gaspé – tout à l’est de la péninsule de Forillon – prend environ une quarantaine de jours. Tout au long du parcours se dressent 11 refuges, 28 plateformes de camping, 25 abris ainsi que des sites d’hébergement privés, ce qui assure aux randonneurs qu’un lieu de repos adéquat leur est toujours accessible à la tombée de la nuit.

Malgré le balisage et la splendeur du SIA, seuls quelques curieux s’aventurent annuellement le long de l’entièreté de la portion québécoise du sentier pour vivre un « Compostelle bien de chez nous ». Mais parcourir l’ensemble du SIA-Québec n’est pas la seule façon de découvrir le sentier : ses nombreuses sections peuvent être parcourues de manière exclusive, partiellement ou totalement, ce qui permet aux voyageurs de planifier le nombre de jours de randonnée qui leur convient.

À l’heure actuelle, l’écrasante majorité des utilisateurs du SIA-QC ne parcourent qu’une petite portion du sentier, le plus souvent à l’intérieur des parcs nationaux tels que le parc national de la Gaspésie (Sépaq) et le parc national Forillon (Parcs Canada). Cependant, l’aventurier qui choisira d’arpenter les 650 kilomètres du SIA-QC aura droit à un spectacle diversifié et haut en couleur qui l’emmènera à travers les plus beaux panoramas de la Gaspésie.

D’une rivière à l’autre et de la montagne à la mer

La section Avignon du SIA-QC est le point d’entrée du sentier au Québec, aux abords de la rivière Restigouche qui coule dans le nord du Nouveau-Brunswick et qui constitue une partie de la frontière entre cette province maritime et le Québec. Sur près de 50 kilomètres, les randonneurs remonteront le cours de la rivière Matapédia jusqu’à ce qu’ils atteignent la rivière Assemetquagan. De là, les voyageurs continueront leur périple vers le nord au sein de la Vallée de la Matapédia jusqu’à ce qu’ils atteignent le Lac-Matapédia, d’où ils amorceront leur marche vers l’est de la péninsule gaspésienne en convoitant la rivière Matane.

Une fois arrivés dans la Réserve faunique de Matane, les marcheurs devront y parcourir plus de 70 kilomètres qui les mèneront jusque dans le parc national de la Gaspésie. Là, ils découvriront le monolithe du Bonhomme, d’innombrables chutes qui se déversent le long du ruisseau Beaulieu, le mont Logan et plus encore. On dit de cette section qu’elle est la plus difficile du SIA-QC, mais qu’elle est aussi la plus belle. C’est donc à cet endroit que la formule de l’auteur latin Plaute prendra tout son sens : « Il faut casser le noyau pour avoir l’amande »…

Dans le parc national de la Gaspésie, les randonneurs auront la chance de s’aventurer au cœur des monts Chic-Chocs sur plus d’une centaine de kilomètres. Ils y découvriront, sur les plus hauts sommets, une toundra alpine absolument unique en son genre. Ce n’est qu’après avoir fait de majestueuses découvertes telles que le Lac du diable que les marcheurs aboutiront au mont Jacques-Cartier, haut de 1270 mètres et roi des Chic-Chocs (qui comptent pas moins de 25 sommets pointant à plus de 1000 mètres d’altitude).

Une fois arrivés à l’ouest du parc national de la Gaspésie, les adeptes du trekking entameront une autre section du SIA-QC, longue de 106 kilomètres cette fois, qui les fera voyager de village en village avant d’atteindre Grande-Vallée. De là, ils entameront l’ultime droit de leur périple d’une quarantaine de jours : ils passeront à travers la Côte-de-Gaspé, entre mer et montagne, avant d’atteindre le parc Forillon. C’est à l’intérieur de celui-ci que les randonneurs parcourront les 45 derniers kilomètres de leur circuit, passant à travers monts, crêtes et baies pour finalement arriver au cap Gaspé, tout à l’est de la péninsule de Forillon.

De quoi rêver pendant 40 jours

Pour l’adepte de la nature comme pour la personne en quête d’absolu, la portion québécoise du Sentier international des Appalaches se révélera assurément le lieu incontesté d’un voyage paisible et débordant de beauté sauvage. Montagnes, forêts, mers, vallées et plus encore fourniront un contexte favorable à l’évasion et à l’émerveillement. Bref, de quoi rêver pendant 40 jours… et même au-delà.

 

À propos de l’auteur
Alexandre Duval est un blogueur pour Le Yéti, une boutique d’équipement spécialisée dans le plein air et le vélo à Montréal.


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