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Les aires de mise bas et d’élevage du caribou toundrique : incompatibles avec les mines!

Le plan d’aménagement du territoire du Nunavut offre d’énormes opportunités de conservation pour le caribou

Les populations de caribou de la toundra sont en déclin à travers tout l’Arctique canadien. Depuis plusieurs décennies, le WWF, nos partenaires en conservation nordique et les chasseurs Inuits demandent la protection des aires de mise bas de cette espèce, zones extrêmement fragiles . La protection de ces terres est une des raisons de la rencontre cette semaine à Rankin Inlet de plusieurs acteurs afin de poursuivre les discussions entamées sur le plan d’aménagement du territoire du Nunavut.

« Protéger les aires de mise bas du caribou et les aires d’élevage est non seulement nécessaire pour maintenir la santé des troupeaux de caribous, mais c’est l’unique chose à faire, affirme Earl Evans, président du conseil de gestion des caribous de Beverly et de Qamanirjuaq. Serait-il acceptable de saccager, de perturber et de causer des dégâts à ces terres? »

Le caribou toundrique joue un rôle primordial dans la vie de plusieurs communautés autochtones. Depuis des millénaires et encore aujourd’hui, les Inuits dépendent du caribou pour s’alimenter et se vêtir. Dans un coin de pays où les coûts des denrées alimentaires sont astronomiques, avoir accès au caribou constitue une sécurité au niveau alimentaire, mais aussi pour leur identité culturelle. Le WWF travaille avec les Inuits sur le terrain afin de promouvoir des actions qui favorisent des troupeaux de caribous abondants et accessibles pour que les chasseurs s’engagent envers une pratique de chasse durable.

Caribou calf (Rangifer tarandus) grazing at the mouth of the Firth River, Ivvavik National Park, Yukon, Canada.

Bébé caribou (Rangifer tarandus) à l’embouchure de la rivière Firth, parc national d’Ivvavik, Yukon, Canada.

Les populations de caribou en déclin

Les populations canadiennes de caribou toundriques sont en mauvaise santé. Par exemple, le troupeau de Bathurst dans les Territoires du Nord-Ouest est passé de 472 000 individus en 1987 à 35 000 en 2012, et sur l’île de Baffin, la population a diminué de 95 %, et compte aujourd’hui 5 000 individus. La taille des troupeaux de caribou toundrique est soumise à d’énormes fluctuations naturelles. Mais cette caractéristique ne peut à elle seule expliquer cette drastique variation.

Alors pourquoi ce déclin? Les caribous sont victimes de ce que l’on appelle les « effets cumulatifs », ce qui signifie qu’il y a de multiples facteurs de stress environnementaux et humains qui contribuent à leur déclin. L’Arctique subit les impacts des changements climatiques environ deux fois plus vite que le reste de la planète, réchauffant les habitats et changeant la végétation. Le développement industriel dans cette région peut aussi causer la perte d’habitats et perturber les caribous dans les moments les plus vulnérables de leur existence.

Les caribous sont extrêmement fragiles lorsqu’ils sont dans les aires de mise bas. Même les plus petites perturbations peuvent troubler la reproduction, causer l’abandon des petits et augmenter la mortalité des petits. Et ce n’est pas tout, elles affectent aussi la condition physique des femelles, ce qui conduit inévitablement à la chute de la population de caribous toundriques.

Le plan d’aménagement offre une opportunité de conservation pour le caribou 

Les futurs plans de développement doivent respecter la fragilité de ces terres et nous ne devrions pas permettre aux anciennes concessions minières de menacer la survie à long terme des troupeaux. Malheureusement, même si les aires de mise bas du caribou deviennent des aires protégées sous le plan d’aménagement du territoire du Nunavut, la position actuelle du gouvernement fédéral permet de céder gratuitement tous les permis de prospection et des concessions minières jusqu’à la mine, incluant celles qui se trouvent au cœur des aires de mise bas du caribou, peu importe leur statut d’aire protégée. Céder gratuitement les permis de prospection compromet le processus de planification et s’oppose directement aux conseils régionaux de la faune et des chasseurs et trappeurs de la région de Kivalliq au Nunavut. Le WWF-Canada travaille avec ses partenaires pour contester cette position et offrir des suggestions alternatives au niveau de la planification.

Le WWF soutient la désignation de toutes aires de mise bas et d’élevage du caribou, les couloirs de migration essentiels et les traverses d’eau douce comme aire protégée, indépendamment de leur potentiel minier. Cela ne signifie pas que le WWF s’oppose aux activités minières responsables sur d’autres territoires, mais la valeur écologique et culturelle du caribou est plus importante pour le territoire et mérite d’être protégée, spécialement à la lumière des récentes constatations liées à son déclin au Nunavut.

Le plan d’aménagement du territoire du Nunavut représente une énorme opportunité de conservation pour aider à la protection du caribou de la toundra dans le Nord, et pour assurer une croissance de population des grands troupeaux à des niveaux supportant une chasse durable et qui sait, de rejoindre les niveaux historiques d’antan.

Les consultations publiques du plan d’aménagement sont prévues pour novembre 2016.


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