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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Le travail n’est qu’à moitié fait pour la protection de la région du Grand Ours

La région du Grand Ours le long du littoral de la Colombie-Britannique abrite l’une des plus grandes forêts pluviales encore intactes sur la planète. C’est l’unique endroit au monde où l’on retrouve le rarissime ours blanc kermode, mieux connu sous le nom d’ours esprit, et où l’on peut voir certains des arbres les plus vieux et imposants au monde, tels que des cèdres et épinettes vieux de 1 000 ans et d’une hauteur équivalente à 30 étages.

Looking up into the canopy of ancient trees of the original temperate forest on Lyell Island, Gwaii Haanas, Haida Gwaii, British Columbia, Canada

Vue vers la canopée des arbres anciens de la forêt tempérée d’origine sur l’île Lyell, site du patrimoine haïda Gwaii Haanas, Colombie-Britannique, Canada.

Il fut un temps où la majorité de la superficie de cette forêt avait été désignée pour la coupe à blanc. Mais cette semaine, les environnementalistes, les compagnies forestières et 26 Premières Nations habitant la forêt du Grand Ours en sont arrivés à un accord qui protège dorénavant de façon permanente une partie de cette région. C’est un accord déterminant, mais il ne protège que la moitié des richesses naturelles de la région.

A stream flowing through temperate rainforest in northwest British Columbia, Canada.

Un ruisseau coulant à travers la forêt pluviale tempérée au Nord de la Colombie-Britannique, Canada.

L’autre moitié de la région du Grand Ours

Au large de la côte de la forêt pluviale du Grand Ours nouvellement protégée se trouve la zone marine du Grand Ours, un des environnements marins en eaux froides les plus riches sur la planète. Ses eaux pures et productives sont gorgées d’éléments nutritifs, permettant une abondance de baleines, des cinq espèces de saumon pacifique, des dauphins, des marsouins, des oiseaux de mer ainsi que d’autres éléments de la vie marine.

Cependant, la zone marine du Grand Ours n’est pratiquement pas protégée et fait face à des risques provenant d’éventuels gazoducs et oléoducs qui déboucheraient dans cette région côtière vulnérable. Il faudrait alors construire de nouveaux terminaux pour effectuer le transfert du pétrole et du gaz vers les pétroliers, augmentant ainsi le trafic maritime et les menaces de déversements dans cette zone si fragile.

Le WWF travaille à sécuriser la protection pour la zone marine du Grand Ours et des espèces et collectivités qui en dépendent, mais nous faisons face à de nombreuses pressions dues aux plans de développement pour cette région qui s’accumulent. Ça aura pris vingt ans pour assurer la protection de la forêt pluviale. Nous n’avons pas de temps à perdre pour la protection de la zone marine.

Un pas en avant

Certains points positifs jouent en notre faveur. Un cadre est déjà en place pour aider la gestion des ressources fabuleuses de la zone marine du Grand Ours. En avril 2015, un partenariat appelé Marine Planning Partnership (MaPP) (en anglais seulement) a été signé avec 18 Premières Nations côtières, dont les territoires marins ancestraux couvrent 102 000 km2 du milieu marin de la Colombie-Britannique, ce qui représente une superficie de la taille de l’Islande.

 

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Gros plan sur deux épaulards (Orcinus orca) refaisant surface dans les eaux au large de la côte centrale en Colombie-Britannique, Canada.

Nous travaillons sur ce plan depuis 2011. Tout comme l’entente sur la forêt pluviale, le plan de gestion marine a pour objectif de gérer l’écosystème marin du Grand Ours d’une façon qui soit profitable à la fois pour l’environnement et pour les communautés. Il contribuera aussi à l’objectif du Canada d’augmenter ses zones marines et côtières protégées de 1,3 % de ses eaux territoriales à 10 % d’ici 2020.

Ce qui reste à faire, sans plus attendre

Le MaPP constitue un énorme pas en avant, mais il y a encore beaucoup de travail qui reste à faire pour s’assurer que cet écosystème et que les gens qui en dépendent restent en santé. Le MaPP n’inclut pas encore les grands ministères fédéraux ayant autorité sur les activités marines telles que le trafic maritime et la pêche commerciale sont aux périphéries du MaPP. Et pendant que nous sommes vraiment encouragés par l’annonce récente d’un moratoire sur les pétroliers dans la zone marine du Grand Ours, le WWF croît qu’une loi interdisant tout trafic de pétroliers est essentielle afin de décourager la construction d’oléoducs et de gazoducs dans cette région du pays.

C’est seulement lorsque l’entente du MaPP sera développée et pleinement mise en œuvre que la région tout entière du Grand Ours sera protégée adéquatement, puisque la santé de la forêt pluviale et de la mer sont intrinsèquement interdépendantes.

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Le ruissellement de la forêt pluviale apporte des nutriments du sol qui alimente l’environnement marin productif. Ces nutriments reviennent à la terre avec le saumon. Le saumon reflète l’interconnectivité de la mer, des rivières sauvages et des terres dans la zone marine du Grand Ours. En quittant la mer pour frayer et mourir dans les rivières de la forêt pluviale, les éléments nutritifs de leurs carcasses retournent aux arbres, aux oiseaux, aux loups et aux ours.

Avec l’accord sur la forêt pluviale du Grand Ours qui vient d’être conclu, il est temps maintenant de parfaire le plan de protection de la zone marine du Grand Ours. Vingt ans, c’est beaucoup trop long.


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