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Comment aider les monarques en danger?

Les monarques ont abondamment coloré de noir et orange le ciel du pays à l’automne dernier, mais une nouvelle étude publiée par le WWF révèle que plusieurs n’ont pas survécu à la migration de 5 000 km à travers le continent vers leurs aires d’hivernage dans les forêts montagneuses du Mexique.

Papillons monarques réchauffant leurs ailes dans la lumière d’après-midi, Réserve de papillons El Rosario, Mexique. © WWF-US – Clay Bolt

Chaque automne, les monarques arrivent au Mexique en provenance du Canada et des États-Unis, où ils se regroupent dans les forêts de fin octobre à mars. La superficie qu’occupe ce papillon en péril dans la forêt est utilisée comme un indicateur par les scientifiques, afin de déterminer combien de monarques ont survécu à cette merveilleuse migration.

L’étude, menée à la Réserve de biosphère du papillon monarque au Mexique par le WWF en collaboration avec la Commission nationale des aires naturelles protégées du Mexique, démontre que, comparativement à décembre 2016, le territoire d’occupation était réduit de près de 15 %.

Les chercheur.e.s montrent du doigt les conditions météorologiques extrêmes parmi les responsables de cette baisse. Le vol automnal des monarques s’est buté à deux tempêtes tropicales et trois tornades qui ont frappé la côte atlantique à la mi-septembre, au tout début de la migration. Et au Canada, ainsi que dans certaines parties du Midwest et du nord-est des États-Unis, les températures automnales inhabituellement chaudes ont reporté la migration de certains monarques jusqu’en octobre.

Le rapport complet du rapport est disponible en espagnol.

Par contre, ce déclin fait partie d’une encore plus grande et préoccupante tendance à la baisse.

Depuis les deux dernières décennies, le WWF a constaté une baisse radicale et continue de l’aire d’occupation des monarques durant leur hivernage, allant de près de 45 acres en 1996 à seulement 6,1 acres en 2017. Les forêts d’hivernage se raréfient en raison des tempêtes, de la production agricole et de la coupe à blanc illégale. Les monarques font également face à des perturbations lors de leur migration en raison des changements climatiques et de l’utilisation des pesticides, la perte d’habitats pour l’asclépiade et les plantes indigènes le long du corridor migratoire. Au Canada, les monarques ont fait l’objet d’une recommandation d’inscription comme étant en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Monarques dans leurs aires d’hivernage. © Monica Echeverria – WWF-US

Préserver la migration du monarque

Ayant la plus longue migration de tous les insectes sur la planète, les monarques se retrouvent souvent en situation de vulnérabilité. Il n’y a pas qu’un seul endroit à protéger. C’est pourquoi le WWF travaille tout au long de l’épique parcours de migration des monarques afin de préserver leurs habitats – au Canada et aux États-Unis où ils se reproduisent et passent leurs étés, ainsi qu’au Mexique où ils passent leurs hivers.

Ici au Canada, nous soutenons les efforts concrets des individus, écoles et communautés pour la restauration des habitats pour les pollinisateurs par le biais de programmes tels que les subventions Libérez votre nature à l’école, les subventions communautaires Libérez votre nature et In the Zone.

Des bénévoles de In the Zone créent un jardin de plantes indigènes à Windsor, Ont. © Karitas Photography/WWF-Canada

Leur offrir un vol aller-retour

Les monarques sont déjà en route et traverseront le continent une nouvelle fois, suivant instinctivement le soleil et la floraison du printemps. Les arrière-petits-enfants de ceux qui se sont envolés vers le Mexique l’automne dernier devraient arriver au sud du Canada à la fin mai ou en juin.

Ce que nous planterons dans nos jardins ce printemps peut grandement contribuer à leur survie. En faisant pousser de l’asclépiade – la seule source alimentaire des chenilles du monarque – nous pouvons aider au rétablissement de la population. Plus nous restaurons d’habitats de fleurs sauvages indigènes dans notre voisinage, moins les habitats seront fragmentés pour la migration du monarque vers le Mexique cet automne.

Comment le monarque fait-il pour retourner exactement au même endroit, dans la même forêt année après année, de génération en génération demeure un mystère. Mais nous pouvons aider à assurer au monarque un vol sécuritaire à travers leur remarquable migration annuelle.