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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Comment les espèces urbaines combattent-elles les grandes chaleurs?

C’est l’été et cette année, il fait particulièrement chaud. Les animaux qui habitent la forêt profitent de zones d’ombre et de sols plus frais, mais la réalité est différente pour les espèces en milieu urbain. Elles doivent composer avec le béton et les îlots de chaleur, qui créent des environnements peu accueillants pour elles comme pour nous. Les grands primates que nous sommes arrivent à combattre la chaleur avec des techniques aussi élaborées que les piscines, l’air climatisé, la limonade glacée et notre bonne vieille alliée, la sueur. Mais comment font les autres espèces pour survivre en période de canicule?

Les insectes, les mammifères, les oiseaux et autres espèces disposent de plusieurs méthodes pour se rafraîchir. En voici quelques-unes que vous pouvez observer autour de vous.

1. Les pollinisateurs prennent la pause

Les insectes sont ectothermes, c’est-à-dire qu’ils sont à la même température que leur environnement. On dit parfois qu’ils sont des animaux « à sang froid », ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque, lors d’une canicule par exemple, leur corps devient aussi chaud que la température extérieure.

Puisqu’ils n’ont pas besoin de maintenir une température interne fixe, les insectes sont plus tolérants à la chaleur que les oiseaux ou les mammifères – même que la chaleur leur est généralement bénéfique! Mais il y a quand même une certaine limite. Lorsqu’il fait très chaud, les « coups de chaleur » et la déshydratation peuvent les affecter eux aussi.

Étant ectothermes, les insectes ne sont pas en mesure d’évacuer la chaleur. Pour éviter de « surchauffer », ils doivent donc se trouver un endroit frais, à l’abri des rayons du soleil, où ils pourront attendre des conditions plus agréables et favorables à la reprise de leurs activités. Ainsi, par temps de canicule, les pollinisateurs sont beaucoup plus actifs au début et à la fin de la journée, lorsque les températures sont un peu plus fraîches.

 

Les grandes oreilles du lièvre contribuent à maintenir sa température corporelle adéquate. © Kelly Marcum, CC0

2. De grandes oreilles pour mieux se rafraîchir

Chez les espèces endothermes, ou « à sang chaud », la température corporelle doit rester constante. Elles présentent donc des traits physiologiques qui leur permettent de gérer leur température.

Observez l’intérieur des oreilles d’un écureuil, d’un lièvre ou d’un coyote – mais pas de trop près hein! Il s’agit de l’une des rares surfaces sans poil de l’animal, et on peut y voir une surface très vascularisée, soit traversée de nombreux petits vaisseaux sanguins. Au contact de l’air, le sang circulant dans les oreilles dissipe sa chaleur vers l’extérieur, donnant un coup de main supplémentaire à l’animal pour maintenir une température adéquate.

 

Renard prend la pause dans le jardin. © Tim Sheerman-Chase, CC

3. Une surprenante fourrure

Difficile, pour les humains, de s’imaginer vêtus de fourrure en plein été. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la fourrure des animaux leur est bénéfique autant pour se garder au frais qu’au chaud. L’air qui reste emprisonné dans la couche de poils crée une couche d’isolation qui aide à maintenir la température corporelle.

À défaut de pouvoir analyser le magnifique pelage du renard qui habite le parc de votre quartier, tournez-vous vers les espèces poilues domestiques qui partagent votre foyer ou celui de vos voisin.e.s et ami.e.s. En effet, les propriétaires de chiens savent trop bien que leurs protégés passent par une mue, au début de la saison chaude, remplaçant leur toison hivernale pour une fourrure plus légère –ce qui occasionne un peu plus ménage!

 

Ces pigeons se rafraîchissent en se baignant à la fontaine. © Peter O’Connor, CC0

4. La baignade du pigeon

Les oiseaux, tout comme les mammifères, sont des espèces endothermes. Si leur température corporelle est d’ordinaire plus élevée que celle des mammifères, il leur arrive tout de même d’avoir chaud. Les oiseaux évacuent une grande partie de leur chaleur corporelle par leurs pattes, puisqu’elles ne sont pas couvertes de plumes isolantes. Il n’est donc pas surprenant, en période de canicule, d’observer les pigeons et autres espèces d’oiseaux rassemblés aux fontaines publiques, les pattes dans l’eau.

Et si la température interne est encore trop élevée, rien de mieux qu’une baignade complète, avec ébouriffement des plumes, afin de laisser passer l’eau jusqu’à la peau. Au contact de l’eau fraîche, la chaleur du corps se dissipera plus rapidement.

 

5. Le raton-laveur qui halète

Le principal moyen employé par le raton-laveur pour se rafraîchir est le halètement, que l’on connaît bien pour l’observer régulièrement chez les chiens. Cette méthode, qui consiste à faire passer de l’air dans les parties internes de l’animal afin d’évacuer la chaleur, est utilisée par de nombreuses espèces, dont des mammifères, des oiseaux et même quelques reptiles.

Si le halètement permet d’évacuer la chaleur au contact de l’air de façon très efficace en raison des parois internes humides, cette technique demande cependant beaucoup d’eau. Il est donc important pour les animaux de boire abondamment par journées très chaudes, afin de rester hydratés.

 

6. Les humains qui transpirent

L’humain ne fait pas exception à la règle. Nous sommes des mammifères, et nous profitons donc d’adaptations naturelles pour maintenir notre température interne constante. C’est par la transpiration que nous arrivons à réguler notre température corporelle, une technique qui n’est utilisée que par une poignée d’autres espèces – dont les primates, les chevaux, les chiens et les chats – mais de façon beaucoup moins importante.

Si nous n’apprécions peut-être pas toujours d’être couverts de sueur, ce phénomène est toutefois absolument nécessaire. L’eau, en perlant sur notre peau, s’évapore et permet un meilleur transfert de la chaleur, de notre peau vers l’air.


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