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Bâtir un monde où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature


Voici pourquoi vous devez être reconnaissants de ne pas être un caribou pour la Saint-Valentin

Qu’on aime ou pas la Saint-Valentin, elle représente l’une des expressions humaines les plus conventionnelles de ce qu’est l’amour romantique. Qu’on les trouve appropriées ou pas, ces expressions ne se retrouvent que chez le genre humain. Nous avons décidé de comparer nos traditions amoureuses avec les rituels de fréquentation d’une espèce qui utilise des tactiques pour le moins différentes des nôtres : le caribou.

Reindeer (Rangifer tarandus), Vasterbotten, Lapland, Sweden.

Caribou (Rangifer tarandus), Vasterbotten, Lapland, Suède. © Staffan Widstrand / WWF

1. La séduction
Un peu comme les célibataires qui sortent en bandes de filles ou de gars dans les bars, le caribou se déplace en troupeau non mixte, soit de femelles ou de mâles. Les troupeaux ne se rencontrent que quelques semaines par année à l’automne, la saison de la reproduction.

A Herd of barren-ground caribou (Rangifer tarandus) near the Back River, Northwest Territories, Canada.

Un troupeau de caribou toundrique (Rangifer tarandus) à proximité de la rivière Back, Territoires du Nord-Ouest, Canada. © Jeremy HARRISON / WWF-Canada

2. Être en couple
La tendance d’être en couple est étrangère au caribou, qui préfère des groupes constitués d’un mâle pour cinq à quinze femelles.

Caribou (Rangifer tarandus) from the George River area, Labrador, Canada.

Caribou (Rangifer tarandus) de la région de la rivière George, Labrador, Canada. © GaryAndJoanieMcGuffin.com / WWF-Canada

3. Séduire son partenaire
Le caribou n’entre pas dans le jeu du bichonnage et des cadeaux qui fait souvent partie de la séduction humaine. Il préfère plutôt une voie plus directe et agressive. Après avoir choisi leur harem, les mâles éloignent leurs rivaux en luttant parfois jusqu’à la mort.

Two reindeer (Rangifer tarandus) Forollhogna National Park, Norway, September 2008

Deux caribous (Rangifer tarandus) parc nationale Forollhogna, Norvège. © Wild Wonders of Europe /Munier / WWF

4. La lune de miel
Les caribous ne fêtent pas les anniversaires de couple. La raison est bien simple: la relation ne dure que trois semaines! Pendant ces trois semaines, les mâles passent leur temps à lutter et à s’accoupler, ne laissant pratiquement pas de temps pour manger ou dormir.

Two barren-ground Caribou (Rangifer tarandus) near the Back River,  Northwest Territories, Canada

Deux caribous toundriques (Rangifer tarandus) à proximité de la rivière Back, Territoires du Nord-Ouest, Canada. © Jeremy HARRISON / WWF-Canada

5. La rupture
Chez les caribous, il n’y a pas de réconciliations. Ils préfèrent la séparation finale et brutale. À la fin de la relation, les mâles sont si faibles et affamés qu’ils perdent leurs bois. Les femelles retournent alors rapidement vers leurs troupeaux constitués uniquement de femelles. Enceintes, en santé et toujours munies de leurs bois, elles chassent leurs anciens partenaires loin des meilleures aires d’alimentation. Laissés à eux-mêmes, les mâles recouvreront la santé ou mourront de faim isolément jusqu’à la prochaine saison d’accouplement.

Nursing Caribou calf (Rangifer tarandus), Arctic National Wildlife Refuge, Alaska, United States

Une femelle caribou allaitant son petit (Rangifer tarandus), Refuge faunique national Arctic, Alaska, États-Unis. © Ken MADSEN / WWF-Canada

Alors quand on se compare, on se console! Si vous considérez la Saint-Valentin comme une rude épreuve, pensez au caribou! Il est tout de même possible de constater que ces rites d’accouplement qui peuvent nous paraître difficiles fonctionnent pour eux puisqu’historiquement, de nombreux troupeaux canadiens ont prospéré et se sont agrandis par centaine de milliers d’individus. Récemment par contre, les populations de caribou sont en déclin. Le WWF travaille avec les partenaires nordiques afin d’identifier les causes de ce déclin et d’agir pour la conservation de l’espèce pour les futures générations.

Le caribou travaille si fort pour donner la vie, c’est la moindre des choses que de le protéger.